Les employés étaient réunis en assemblée générale ce mardi : tension interne, colère et incompréhension

ROCOURT Une douche froide sur le froid, c’est un résumé parlant de l’annonce qui a glacé le sang de nombreux travailleurs d’ArcelorMittal ce lundi et pas que ceux du chaud donc puisque, face au blocage des négociations, c’est l’investissement consenti pour le froid qui passerait à la trappe…

Chantage odieux ? Oui, disent les travailleurs; toujours est-il que cette annonce a eu l’effet d’une bombe et n’a pas manqué de jeter le trouble entre les différents organes syndicaux. Car si blocage il y a aujourd’hui, c’est car l’unanimité n’a pas été obtenue pour la réouverture des négociations. La CSC-Métal, la CNE et le Setca ont dit oui, la FGTB a dit non… chacun s’est accordé sur le fait que l’unanimité devait être atteinte. Ça coince !

Ce mardi dès lors, l’objectif était bien de clarifier la situation, notamment sur ces négociations et “ce qui nous a amenés à cette situation” , commentaient les représentants des employés.

“Il fallait faire le point avec nos affiliés” , expliquait au sortir de l’assemblée Patrick Wionmont, président de la délégation Setca chez ArcelorMittal… S’expliquer, face à des employés qui cherchaient à comprendre, face à des employés en colère.

“Notre réponse était oui… si on avait l’unanimité des 4” , “On a fait du mieux qu’on a pu, la pression a été énorme, il faut s’en rendre compte” . “La situation a soudainement changé” … Sans nul doute, l’ultimatum lancé par la direction aura eu l’effet de dévoiler ce qui était jusqu’ici imperceptible : des travailleurs désolidarisés sur la question de cette sidérurgie intégrée tant défendue publiquement. À juste titre ?

Les avis étaient encore partagés ce mardi. “J’aimerais qu’on soit clair, demain j’irai devant le siège de la FGTB pour montre notre désaccord, ils sont 400 à dire non mais on est plus à perdre nos emplois” , lançait un employé… largement applaudi.

Mais ce sentiment n’était donc pas unanimement partagé, l’injustice de l’annonce empêchait aux employés d’en vouloir à qui que ce soit, “l’unanimité, on l’a toujours” , poursuivait un employé, “je pense qu’on peut encore négocier et dire oui, pour sauver quelque chose” , estimait un autre.

Pour ce faire, il faut rester soudés . À la colère s’est ajouté un malaise profond. Et en attendant, “c’est toujours le stand by” .



© La Dernière Heure 2012