Le géant chinois de l’e-commerce Alibaba n’est pas encore dans la "place". Mais à Liège, il fait déjà beaucoup de bruit. Trop, tout comme l’aéroport de Liège d’ailleurs où il doit s’implanter pour inonder l’Europe de ses marchandises…

Un honneur pour Liège, une aubaine pour l’emploi, le développement économique ?

Ce lundi soir devant les grilles de l’hôtel de ville de Liège, des représentants du collectif "Stop Alibaba" étaient venus dire tout le mal qu’ils pensent de cette arrivée providentielle. Précisément, la manifestation était organisée pour soutenir cette motion, introduite par Vega, CDH et Vert Ardent, qui vise à réclamer "une action judiciaire conjointe des communes en vue d’obtenir une nouvelle évaluation d’ensemble des incidences de l’activité aéroportuaire liégeoise".

Ils n’étaient que quelques dizaines mais, clairement, ils représentent un mouvement plus large qui gronde en région liégeoise et qui réclame donc que la Ville de Liège, "chef-lieu" de la région, assume et se positionne.

"Alibaba, on n’en veut pas, Alibaba, on n’en veut pas"… Tel était le message scandé et adressé ce lundi soir aux élus qui pénétraient donc dans l’hôtel de ville. "En effet le problème aujourd’hui est qu’on nous parle d’une étude d’incidences qui doit avoir lieu dès fin 2020 mais qu’elle ne sera pas réalisée sur l’entièreté du développement de l’aéroport", explique ce porte-parole du mouvement, "un développement qui, par ailleurs, a déjà commencé". Ce qu’ils réclament donc : "c’est le strict minimum, une véritable étude par rapport à un projet d’un autre âge".

Au nom du groupement, François précise par ailleurs que ce mouvement s’érige bien contre Alibaba, "mais aussi contre l’extension de Liege Aiport dans son ensemble". Une extension qui se fait, jugent-ils, "au mépris des habitants et de l’environnement".

Depuis plusieurs mois, les nuisances autour de l’aéroport liégeois, liées au sens du vent, des trajectoires et de la présence accrue de gros-porteurs notamment, attisent les critiques à l’égard de l’aéroport. L’arrivée d’Alibaba n’arrange rien… "Cela ne va faire qu’augmenter le nombre d’avions, de camions sur nos routes", poursuit François, "et par conséquent cela va augmenter les nuisances sonores, l’impact sur l’environnement".

Autre (contre) argument : le développement économique. Si plusieurs centaines d’emplois sont promis en effet, les militants constatent aussi que "pour un emploi créé dans l’e-commerce, les études prouvent que ce sont deux emplois locaux qui sont détruits". Le pot de terre contre le pot de fer ? Ou un simple choix… politique. De société.