L'annonce de fermeture progressive d'une quarantaine de guichets dans des gares de la SNCB, d'ici la fin de cette année, n'a pas été accueillie de gaité de coeur dans les communes concernées... C'est notamment le cas à Ans, où la commune avait déjà eu l'occasion d'exprimer son mécontentement vis-à-vis d'une précédente décision de la SNCB.

Concernant la fermeture du guichet de la gare d'Ans, les autorités ansoises déplorent que cette décision ait été prise "dans un unique souci de rentabilité". En effet, le nombre de voyageurs utilisant le guichet afin d'obtenir un titre de transport serait descendu en dessous d'un seuil d'équilibre économique. Selon la SNCB , 75 % des achats de titres de transport se font désormais via Internet ou par le biais d'un automate. Le coût de la transaction étant, dès lors, devenu plus élevé que le prix du ticket…

"Ce que la SNCB omet de signaler, c'est que cela signifie également que 25 % des démarches se font encore en présentiel malgré la réduction des horaires d'ouverture de la gare. Cette décision est un non sens, tant sur le fond que sur la forme", estime Grégory Philippin, bourgmestre d'Ans. "Sur la forme, cette décision a été prise de manière unilatérale, sans la moindre concertation, sur base de statistiques ou de calculs fournis sans la moindre explication. Sur le fond, elle est d'autant plus incompréhensible que, selon la SNCB elle-même, l'offre de trains sera renforcée à hauteur de 4,7 %, soit près d'un millier de trains supplémentaires d'ici 2023".

Difficile aussi de comprendre une telle décision sachant que la SNCB et Infrabel, le gestionnaire de l'infrastructure ferroviaire, ont pour projet de créer, à Ans, un nouveau parking de 400 places et une passerelle permettant d'y accéder...

Une décision qui passe mal, donc, à Ans! D'autant plus encore que la SNCB, il y a un an, décidait de manière "tout aussi unilatérale de rendre le parking de la gare payant et de réaliser des travaux à cet effet sans solliciter et obtenir le permis d'urbanisme préalable pourtant indispensable".

Dès lors, après un avertissement adressé en date du 28 février 2020 invitant la SNCB à régulariser la situation, "et en l'absence de toute démarche dans son chef en vue de répondre à cette demande", un procès-verbal d'infraction vient d'être dressé par les services communaux de l'urbanisme. PV qui a été transmis au parquet de Liège, au contrevenant et au fonctionnaire délégué de la Région wallonne.

"L'absence répétée de concertation avec les acteurs locaux, l'accentuation de la fracture numérique, le détricotage de la cohésion sociale et, en somme, la réduction de la qualité de service au public tels qu'inscrits à l'agenda de la SNCB sont totalement contraires à sa mission de service public. Nous ne pouvons l'accepter et nous ne l'acceptons pas", conclut le bourgmestre d'Ans.