Elle a une cote de 18/20 au Gault&Millau 2021, se plaçant comme la meilleure cheffe de la province de Liège. Début janvier, outre la conservation de son étoile au Guide Michelin, la cheffe, installée depuis sept ans à Marchin, a décroché l’étoile verte, un nouveau titre qui récompense les restaurateurs qui optent pour la durabilité.

Avec son potager aromatique et sa cuisine fine et intuitive saine pour la santé, Arabelle Meirlaen se distingue parmi tous. "Mes parents avaient une ferme. Je touchais à tout. Ma mère cuisinait les produits de la ferme avec beaucoup de goût. J’ai aussi vu mes parents tuer les bêtes et développer des maladies en les mangeant, cela m’a beaucoup interpellée", confie la cheffe.

De cette expérience, elle décide de cuisiner majoritairement des légumes, et très peu de viande strictement sélectionnée, tout comme les poissons et crustacés. "Je propose une viande par mois", précise celle qui travaille avec une nutritionniste. "Je donne un équilibre dans ma cuisine. Le but est de donner une compréhension à ce qu’on mange."

Pour aller au bout de ses idées, voici dix ans qu’Arabelle cultive ses légumes dans son potager, source de créativité. Chaque jour, "je m’y rends au minimum deux heures , j’aime m’aérer", encore plus depuis le confinement. "Pour l’instant, je fais pousser des plants de tomates avec une table chauffante."

Dans une cuisine voulue de vitalité et de bien-être, "j’ai toujours voulu travailler des produits sains et de goût. J’essaie d’avoir un maximum de produits naturels, du terroir" . Des produits qu’elle sublime à travers son émotion et sa sensibilité. D’abord intéressée par l’herboristerie puis la problématique du gluten, "je cuisine pour tout le monde. Si je n’utilise quasiment pas de gluten, je propose toujours du pain sur la table." Et de rester attentive à sa fidèle clientèle qui aime la suivre dans son évolution.

Un métier difficile

Alors qu’elle se dirigeait plutôt vers des études artistiques, Arabelle n’aurait jamais imaginé faire ce métier. "La vie m’a toujours mise sur une route que je ne pensais pas. Et finalement, on se rend compte que la cuisine touche à tout : jardinage, décoration, création... C’est un métier difficile."

Pour la première fois, le confinement l’oblige à se reposer "mais je commence doucement à en avoir marre. Ce n’est pas facile, mes clients me manquent". Voici plus de six mois que son restaurant est fermé. Heureusement, cette maman de deux filles (10 et 12 ans) peut compter sur un petit bas de laine "mais je ne vais pas tenir des mois". Optimiste de nature, elle propose une fois par mois des plats à emporter "pour payer les charges mais pas plus car ça ne donne pas le même rendu. J’ai aussi peur que ça soit mal réchauffé et que les clients soient déçus et ne reviennent pas". 

Une étoile prête à rouvrir...