Daniel Mathy, un Liégeois âgé de 74 ans, a reconnu lundi lors de son interrogatoire devant la cour d'assises de Liège avoir tué son épouse. L'accusé a affirmé qu'il avait tenté de se suicider après les faits, car il ne supportait pas leur séparation. "Je voulais vivre avec elle ou mourir avec elle", a-t-il affirmé. Claudine Hallut (61 ans) avait été égorgée le 9 février 2018 à Saint-Nicolas (Liège). L'accusé s'était introduit dans sa propriété et lui avait porté plusieurs coups de couteau, avant de tenter de se suicider.

Interrogé par la présidente Annick Jackers, Daniel Mathy s'est confié sur sa vie antérieure aux faits. Il a décrit une enfance malheureuse à travers une famille nombreuse de sept enfants. "J'étais la brebis noire de la famille. J'étais battu tous les jours, car ma mère ne m'aimait pas. Je n'avais pas droit aux mêmes privilèges que les autres enfants et j'étais le dernier à me laver dans une eau sale", a révélé l'accusé.

Daniel Mathy a exposé avoir arrêté l'école vers l'âge de 12 ans. Il a toujours travaillé depuis. Il s'est marié en 1967 et a eu trois enfants avec sa première épouse. L'accusé a insisté sur les défauts de cette dernière. Selon lui, elle ne faisait pas bien à manger, elle n'était pas attentionnée et leur vie sexuelle n'était pas attractive. Le mariage a néanmoins duré 27 ans.

C'est lors de funérailles que Daniel Mathy a fait la connaissance de Claudine Hallut en 1995. Leur vie commune a débuté en 1997 et leur mariage a eu lieu en 2005. Selon l'accusé, sa vie avec elle était idéale.

Le couple s'était temporairement séparé en octobre 2013. Une plainte venait d'être déposée contre l'homme, qui était accusé de faits de viols (pour lesquels il a finalement été acquitté) sur une petite-fille de Claudine Hallut. Daniel Mathy avait alors fait une tentative de suicide par médicaments avant de renouer sa relation avec Claudine Hallut. "Elle ne croyait pas à ces accusations. C'est à cause de cette plainte que le contact a été rompu avec ses enfants", a ajouté l'accusé.

Acquitté en première instance en mars 2017, Daniel Mathy avait été rejugé devant la cour d'appel. Claudine Hallut avait alors assisté à une audience et revu sa position. "Elle était fâchée sur moi et voulait revoir ses enfants et ses petits-enfants. En décembre 2017, elle a fait une nouvelle déclaration à la police, puis elle a entamé une action en divorce. Je ne comprenais pas, j'étais amoureux d'elle et je devais quitter le domicile conjugal. J'ai essayé de la récupérer, mais elle ne répondait pas, influencée par ses enfants", a regretté l'accusé.

Daniel Mathy a reconnu avoir émis des messages annonçant ses intentions morbides. "Mon espoir était de me remettre avec elle. C'était: "soit on vit ensemble, soit on part ensemble" ou "à la vie, à la mort". Mais le jour des faits, l'ambulance est arrivée trop tôt pour moi. Mes plus belles années, je les ai passées avec elle. Je voulais être à ses côtés et partir avec elle", a annoncé Daniel Mathy en pleurant.

L'accusé a reconnu une série d'actes préparatoires aux faits, comme une inscription "fin de vie" ajoutée sur un calendrier à la date des faits. Il a confirmé qu'il s'était caché dans un abri de jardin avant de surprendre la victime et de l'égorger. "Cela fait 1194 jours que j'ai commis l'impardonnable. Tous les matins, je regarde encore sa photo", a encore ajouté l'accusé.

Les premiers experts seront entendus mardi.