Selon l’avocat, son client s’est retrouvé au pied du mur et a agi de manière irréfléchie

Me Maxime Toller a débuté les plaidoiries de la défense dans le procès de Philippe Roufflaer, 42 ans, accusé d’avoir étranglé Loana, 8 ans et égorgé Naora 11 ans dans la nuit du 30 décembre 2016, à Soumagne, en province de Liège. 

"Il ne s’agira pas de justifier les actes posés par Philippe Roufflaer », a indiqué l’avocat. « C’est normal que vous éprouviez de la haine pour ce qu’il a fait, même peut-être pour lui, mais vous ne pouvez pas vous laisser influencer dans votre jugement. » 

L’avocat a rappelé que « juger c’est comprendre. » Me Maxime Toller a demandé aux jurés de se mettre dans la peau de Philippe Roufflaer. L’avocat a rappelé l’enfance de l’accusé. « Il s’est senti abandonné par son père et sa mère était aveugle et buvait. Il n’a pas eu une enfance facile. » Me Maxime Toller a rappelé que plusieurs témoins avaient présenté Philippe Roufflaer comme un bon père. « L’acte qu’il a commis est incompréhensible. Ses filles ne manquaient de rien. Il les aimait. » Selon l’avocat, Philippe Roufflaer n’a pas prémédité les faits. « Cela a été un effondrement total de ce que Philippe Roufflaer est. Il s’est retrouvé dans un effet tunnel. Il est dans l’ici et le maintenant, comme les experts nous l’ont dit. » 

L’homme n’aurait pas réfléchi les faits. « Il entre dans la réflexion et la justification après les faits. Sa prise de décision a dû être très rapide. Il n’a remis la faute sur personne d’autre », a terminé Me Toller. Me Renaud Molders Pierre a poursuivi la plaidoirie en déclarant d’emblée aux jurés qu’ils allaient condamner Philippe Roufflaer. Il a demandé de répondre oui à toutes les questions exceptées celles qui portent sur la préméditation. 

« Nous ne sommes pas dupes, quand vous rentrez chez vous et que vous embrassez vos enfants, vous vous dites comment a-t-i pu faire ça ? Quand nous rentrons chez nous, que nous enlevons notre robe, nous nous posons la même question. » L’avocat estime que la défense d’un tel accusé est difficile. « La tentation est grande de le haïr. Nous ne gagnerons pas mieux ou moins bien notre vie, qu’il soit condamné ou pas. » Me Molders Pierre n’a pas ménagé son client. « Je n’ai pas le moindre début d’envie de faire plaisir à Philippe Roufflaer. Vous n’avez pas aidé vos avocats », a-t-il dit en regardant l’accusé. 

« Nous avons dû le défendre à l’insu de son plein gré. » La défense a demandé aux jurés de mettre de côté « la passion, la haine et analyser ces faits pour leur donner une juste définition juridique. » Selon l’avocat, ce sont les pleurs des soeurs de Loana et Noara qui auraient décidé Philippe Roufflaer à avouer. « Notre client a dit qu’il ne méritait pas d’être défendu et qu’il regrettait qu’on lui aie sauvé la vie. Ce n’était pas facile de le défendre dans ces conditions. » Selon l’avocat, ce sont les pleurs des soeurs de Loana et Noara l’ont fait craquer et l’ont motivé à faire des aveux pendant le procès. 

 Selon Me Molders Pierre, Philippe Roufflaer aurait prémédité son suicide, mais pas les meurtres de ses filles. Il a estimé que les versions des parties civiles et de l'Avocate générale ne sont pas compatibles. 

L'avocat a évoqué le modus operandi. "C'est très dur de réfléchir de manière cartésienne. La quantité de médicaments qu'il leur a donné démontre qu'il n'avait pas l'intention de les tuer à ce moment-là. Il aurait pu leur donner une plus grosse dose et les tuer directement", a estimé l'avocat.