L'avocat général a requis vendredi matin, devant la cour d'assises de Liège, la culpabilité de H.D. pour l'ensemble des faits qui lui sont reprochés. Le ministère public a insisté sur le fait de vol avec circonstance aggravante de meurtre et sur le fait de viol, encore contestés par l'accusé. Sa personnalité violente a aussi été soulignée. Galaad Titeux, un Liégeois de 18 ans, avait été poussé du toit d'un immeuble de 27 mètres de haut situé sur le site désaffecté de l'ancienne dentisterie de l'hôpital de Bavière, à Liège, durant la nuit du 5 juillet 2017. H.D. était âgé de 16 ans au moment des faits.

L'avocat général Pascale Schils a souligné dans son réquisitoire que tous les éléments désignaient l'accusé comme le seul coupable. Les faits qu'il a commis sont multiples, de la destruction d'une fenêtre au meurtre, en passant par le viol, le vol et les extorsions.

Le ministère public a épinglé la personnalité de l'individu, qui a choisi de se taire depuis le début de son procès. "Qui est-il ? C'est un jeune homme de 16 ans, placé très tôt pour des faits d'agression urbaine, décrit comme menteur et voleur. Il ne supporte pas qu'on lui résiste et, dans la confrontation, il devient un volcan. Il intimide même les adultes et il vit selon ses propres règles. H.D. a son code d'honneur: la 'balance' est punie de mort ou mise à l'amende. L'accusé est en recherche permanente d'argent et de plaisir immédiat. Pour lui, l'argent, c'est le respect. Quand H.D a besoin d'argent, il le prend. Quand il a une envie sexuelle, il se sert. Il a aussi un mépris total pour toute personne qui se mettrait en travers de son chemin. Il n'y a que lui, le reste du monde n'existe pas. Il joue la terreur, même auprès de ses amis, et il sait qu'il fait peur", a détaillé l'avocat général.

La personnalité de l'accusé lors des faits a aussi été pointée. H.D. était ainsi convaincu qu'il n'avait pas commis le viol parce que la victime s'était déshabillée sous la contrainte. Dans les faits de vol à main armée commis en bande contre les quatre occupant d'un appartement, l'accusé a affiché un sentiment total d'impunité. Il a commis les faits à visage découvert et laissé ses coordonnées car il était certain de terroriser ses victimes au point qu'elles n'iraient jamais porter plainte.

L'avocat général affirme que le dossier démontre la culpabilité pour le meurtre de Galaad Titeux, dont le mobile était le vol. "La thèse accidentelle est écartée de façon formelle par les experts. Le suicide est exclu parce que Galaad Titeux n'avait aucune prédisposition et il avait de nombreux projets. La poussée par un tiers est la seule explication possible", a exposé Pascale Schils.

Cette dernière a aussi longuement évoqué la téléphonie, les témoignages divers et les mensonges de l'accusé, qui a tenté de se construire des alibis.

"Nous n'avons pas ici un jeune homme en colère parce qu'il est accusé injustement. C'est un homme malin, avide d'argent, qui se construit des alibis subtils, qui intimide les témoins et qui cherche de faux coupables. Il s'enferme dans ses mensonges et, quand il est acculé, il devient agressif et se pose en victime. H.D. ne sera pas condamné à cause de son silence mais malgré son silence. Il a ses mobiles, il a ses codes. C'est un homme à l'affût, dangereux, qui profite de toutes les occasions pour assouvir son plaisir. Sa colère, ce n'est pas celle de l'injustice, c'est la colère d'avoir été confondu", a terminé l'avocat général.