Les deux fillettes étaient conscientes au moment de leur agression et ont tenté de se défendre

Ce mercredi, la cour d’assises de Liège a poursuivi l’examen de l’affaire à charge de Philippe Roufflaer, 42 ans, qui doit répondre d’avoir tué Loana, 8 ans, et Naora, 11 ans, ses deux filles. 

 Pour rappel, le 30 décembre 2016, les corps sans vie des deux fillettes ont été retrouvés dans une maison située rue Rosa Luxembourg, à Soumagne, ainsi que leur père qui était inconscient. Deux foyers d'incendie avaient été allumés dans la maison. 

 Une des fillettes a été étranglée et l’autre égorgée. 

 Alors qu’il niait depuis le début de l’enquête, Philippe Roufflaer a avoué être l'auteur des faits en début de cession d'assises.

 Les jurés ont entendu le Professeur Corinne Charlier, toxicologue, qui a confirmé que les deux fillettes présentaient des taux de calmants dans le sang. « Elles étaient décédées au moment de l’incendie car leurs poumons ne contenaient pas de fumées », a indiqué le Professeur. 

 Celle-ci a précisé que Philippe Roufflaer présentait encore de l’alcool dans le sang le lendemain des faits. Elle a aussi expliqué qu’il avait un taux de monoxyde de carbone important qui était proche de la dose létale lorsqu’il a été pris en charge. « Les quantités de médicaments retrouvés dans le sang des fillettes ont réduit leur capacité de résistance à une agression, d’autant qu’elles n’étaient pas habituées à ce traitement et qu’elles étaient des enfants. » 

 Des traces de médicaments ont été trouvées dans une tasse qui se trouvait dans la maison. 

 La cour a ensuite entendu les Docteurs Simon Cauchies et Sébastien de Froidmont, médecins légistes. 

 Les médecins ont estimé que la morsure observée à l’avant bras d’une des fillettes et les lésions aux doigts de l’autre représentaient des traces que les jeunes filles se sont débattues. « Elle présentait des lésions aux doigts allant jusqu’aux tendons », a expliqué le docteur. 

 Quant à l’égorgement d’une des fillettes, les médecins ont estimé que l’enfant avait souffert. « Naora s’est vidée de son sang, mais la survie de la victime n’a pas dû être très longue et la perte de connaissance rapide », ont expliqué les docteurs. 

La fillette a souffert. « Il s’agit de lésions douloureuses d’autant que la victime était consciente au moment de l’agression. Cela a dû provoquer des douleurs et elle a dû les ressentir », a poursuivi le scientifique avant de préciser que la fillette n’avait certainement pas pu crier longtemps. « Quand la trachée est coupée, il est impossible de crier », a-t-il précisé.