Selon les experts, il était dans une logique d’utilisation et de possession de l’autre

Ce lundi, la cour d’assisses de Liège consacrée à l’affaire à charge de Philippe Roufflaer, 42 ans, a repris par l’audition des experts le professeur Serge Garcet psychologue et le Professeur Michel-Henri Martin, psychiatre. 

Les experts ont estimé que l’accusé est psychopathe mais responsable de ses actes. « Si il y a un trouble mental, il est pleinement conscient de ses actes et des conséquences », ont indiqué les experts. 

« Il est dans un état de stress intense constant qui entraine des problèmes somatiques. Il connait des crises d’angoisse. » Selon les experts, les proches n’auraient pas pu prévoir le passage à l’acte. « Malgré les annonces préalables, personne ne pouvait raisonnablement prévoir un tel déchainement de violence. » 

Seule une personne formée à la psychologie aurait pu donner l’alerte selon les experts. « Il n’y a pas de trouble mental qui peut lui enlever la capacité de contrôler ses actes. Il a voulu détruire ses enfants, se supprimer, détruire la maison et la mère. » 

Selon les experts, il présente une certaine forme de cynisme et est dans une logique de rapport de force. « Il a une grande maitrise émotionnelle et les larmes sortent quand il le faut alors que le corps donne des indications contraires. » L’accusé ferait preuve de théâtralisation. « Il y a une dimension discordante entre les tentatives d’émotion et sa froideur. Il sur-joue. Il fait preuve d’une froideur émotionnelle. Même lors de la reconstitution des faits, il a fait preuve d’une distance et de froideur. » 

Philippe Roufflaer était un enfant caractériel et impulsif. « Il a un trouble de personnalité dont les manifestation sont envahissantes. Il exploite l’autre, l’utilise l’autre pour obtenir ce qu’il désire. Il manque d’empathie. L’autre n’est plus qu’un objet dont il veut pouvoir faire ce que bon lui semble. L’autre est disqualifié, il n’existe tout simplement pas. » 

Les experts ont souligné une attitude irresponsable manifeste et persistante, un mépris des normes, des règles et des obligations sociales. « Il a une faible tolérance à la frustration, une incapacité à éprouver de la culpabilité ou à tirer un enseignement des expériences, notamment des sanctions. » Ainsi, selon les experts, il donne des versions différentes selon ce qu’il pense qu’il doit dire à ce moment. « Il a une tendance nette à blâmer autrui ou à fournir des justifications plausibles pour expliquer un comportement. Il a toujours une explication à ce qu’il a commis. Ce n’est jamais de sa faute, mais celle de l’autre. » 

 Philippe Roufflaer a un sens grandiose de sa propre importance, surestime ses réalisations et ses capacités. « Il pense que tout lui est dû et s’attend sans raison à bénéficier d’un traitement particulièrement favorable et à ce que ses désirs soient automatiquement satisfaisants. » 

 Il manque d’empathie. Il a une personnalité antisociale, dyssociale qui est confirmé par l’échelle de psychopathie de Hare pour laquelle il obtient un score de 31 sur 40. La moyenne européenne est de 26. Selon Hare, le seuil qui permet de différencier les individus psychopathes et non psychopathes est de 30. Selon les experts, le risque de commettre de nouveaux délits est existant.