Les avocats ont retracé les éléments tentant à démontrer que Sabrina Joannes est autant impliquée

La cour d’assises de Liège a poursuivi les débats par les plaidoiries des parties civiles. Me Alexandre Wilmotte a débuté les débats. Il a rappelé cette journée du 31 mai 2016 lors de laquelle la fille de Chantal Humblet a découvert le corps sans vie de sa mère. 

"L’angoisse fait place à l’horreur", a débuté l’avocat. "Sa maman qu’elle aime tant. On l’a tuée pour du fric, pour 150 euros et quelques effets." L’avocat a qualifié les faits de "lâches." L’avocat a d’abord évoqué la présomption d’innocence. Il a demandé aux jurés de rendre une décision juste. "Sans vous, Mme Joannes, la maman de mes clients serait toujours en vie." 

Me Wilmotte a demandé de considérer que sans Monsieur Médot également, la victime serait toujours en vie. Il a estimé que les accusés agissaient toujours en binôme. Il a qualifié leur comportement du "bal des menteurs." Il estime que la défense tente de prendre les jurés pour des naïfs. "Elle vous demande de considérer qu’ils mentent sur tout, excepté sur la notion de meurtre. Monsieur Médot, c’est une bombe à retardement." 

La partie civile a souligné que Stéphane Médot avait "besoin de fric" et qu’il avait décidé de tout faire pour en avoir. "Mentir, mentir et encore mentir", a déclaré l’avocat qui juge que les accusés n’ont aucune empathie pour la famille et les enfants de Chantal Humblet. Me Wilmotte a estimé que les seuls remords et regrets étaient pour leur propre situation. 

La partie civile souhaite que Sabrina Joannes soit traitée sur un pied d’égalité avec Stéphane Médot. L’avocat a énuméré les nombreuses personnes que l’accusée a manipulé. "Elle n’a qu’un seul but, c’est l’argent." Me Wilmotte a avancé que l’accusée manipulait tout le monde, même ses propres enfants. L’avocat a rappelé que l’accusée avait proposé de commettre d’autres vols à Stéphane Médot. 

Chantal Humblet était la "proie idéale." Il a retracé le plan mis en oeuvre par les intéressés. "Il fallait un plan pour s’assurer que la malheureuse Mme Humblet allait tomber dans le piège. Ils ont effectué des repérages tous les deux. Elle a achèté un GSM uniquement pour commettre les faits. C’était un piège extrêmement ambitieux. » Pour l’avocat, Mme Humblet ne s’est pas laissé faire. « La victime a directement fait le lien entre le pseudo italien et Sabrina Joannes." 

Il a demandé aux jurés de s’imaginer la scène vécue par la victime. Il a rappelé que la victime avait évoqué Sabrina Joannes lorsqu’elle était agressée. "La conclusion, c’est qu’elle devait disparaitre pour ne pas que l’on remonte la piste de Sabrina Joannes." Pour Me Wilmotte, deux éléments sont interpellants concernant le fait que Sabrina Joannes aurait pu être sur place. "Son ADN, se trouvait sur un collier Colson. Sabrina Joannes a touché ce collier Colson. Sabrina Joannes avait des traces à l’intérieur des cuisses, ce qui pourrait être expliqué par le fait qu’elle aurait retenu la victime avec ses jambes. En inventant un viol, elle a prévu un scénario élaboré pour expliquer ses blessures."