Les enfants ont reçu seize coups de couteau et l'un d'eux, sept coups de disqueuse

Ce lundi, la cour d’assises de Liège a débuté le procès de Eddy Michel, 39 ans, qui doit répondre des assassinats de Jules, 6 ans et Timothé, 4 ans, ses enfants. Des faits qu’il a commis à Liège dans la matinée du 30 septembre 2017. 

 La mère des enfants a quitté Eddy Michel plusieurs mois avant les faits. 

 Alors qu’il avait entamé une relation avec une collègue, Eddy Michel n’a pas supporté d’apprendre, après de longues insistances, que son ex-compagne avait entretenu une brève relation avec un autre homme. 

 Le matin des faits, la maman a conduit les enfants chez leur père. L’homme s’est énervé, a jeté des cailloux sur la dame et un pavé dans la vitre conducteur de son véhicule. La maman est repartie pensant qu’Eddy Michel allait se calmer. 

 L’homme a ordonné aux enfants de rentrer. Les enfants hurlaient et pleuraient. Eddy Michel a pris des couteaux, une disqueuse et une cisaille. 

 Il s’est rendu dans la chambre de Timothé. L’enfant était sur son lit, la tête dans son oreiller, en pleurs. Eddy Michel a branché la disqueuse, a retourné l’enfant qui se débattait et qui lui demandait : "Papa, qu’est-ce que tu fais ?". Il a bloqué Timothé et a tenté de le tuer en enfonçant la lame de la disqueuse au niveau du cou. Les vêtements se sont enroulés dans le disque et l’outil a cessé de fonctionner. 

 Eddy Michel s’est alors emparé d’un couteau et a porté plusieurs coups au coeur de l’enfant.

 Il s’est ensuite rendu à l’étage dans la chambre de Jules. L’enfant était allongé sur son lit en pleurs, et criait "papa". Eddy Michel l’a bloqué à l’aide de ses jambes avant de lui porter plusieurs coups de couteau au niveau du cou et du cœur. Une voisine a expliqué avoir entendu un hurlement de terreur d’un enfant puis un silence total. 

 Ce lundi matin, l’avocate générale a lu l’acte d’accusation. Cette lecture a été particulièrement difficile à soutenir puisqu’elle décrit dans le menu les nombreuses lésions subies par les deux petites victimes. Timothé a subi 5 coups de couteau et 7 abrasions à la disqueuse. Jules a reçu 11 coups de couteau. 

 Lors de la lecture des blessures infligées aux victimes, une dame a quitté la salle d'audience en larmes. 

Selon l'acte d'accusation, l’analyse de Eddy Michel démontre qu’il est responsable de ses actes. Il présente des risques de passage à l’acte sur son ancienne compagne ou d’attenter à ses jours. Il présente un trouble de la personnalité narcissique. 

La défense a pris la parole. "C’est un dossier délicat qui est une souffrance pour tout le monde", a indiqué Me Reynders, qui assure la défense de Eddy Michel aux côtés de Me Guy Uerlings. "Nous allons déployer une défense sincère, loyale et franche. C’est une défense difficile. Monsieur Michel n’a rien à cacher. Il va mettre sa vie à nu devant vous. On va jouer franc-jeu avec vous, la préméditation sera contestée. Il l’a toujours contestée. Il n’a pas prémédité son geste. C’est un homme normal, qui n’a aucun antécédent, qui travaille dans l’enseignement spécialisé. Comment a-t-il pu commettre un tel acte sur ses enfants qu’il aimait ? Il faut vouloir essayer de comprendre."

 La Communauté française, employeur de l’accusé, a demandé à pouvoir se constituer partie civile car bien qu’écarté et suspendu Eddy Michel est toujours employé par la Communauté française. "Nous souhaitons qu’il soit écarté car les faits peuvent provoquer à la réputation de l’établissement qui l’emploie et porter atteinte à la confiance du public." Selon la défense de Eddy Michel, cette demande devrait être écartée. Après avoir statué sur ce point, la cour reprendra les débats.