Les avocats de la défense ont demandé aux jurés de descendre en dessous des réquisitions

Me Sandra Berbutto qui défend Stéphane Médot a supplié les jurés de : « laisser un espoir », à son client. Me Mathieu Simonis, qui assure également la défense de l’accusé a estimé que la réclusion criminelle a perpétuité était une fausse bonne idée. « Les longues peines et la réclusion criminelle à perpétuité sont une abomination », a déclaré l’avocat. 

Il a évoqué certains pays dans lesquels les peines maximales sont moindres. « Vous ne pouvez pas condamner à plus de 25 ans. Par pitié, je vous en prie, ne résumez pas Stéphane Médot à Chantal Humblet. Ne résumez pas sa vie à ce qu’il a fait ce jour-là. Stéphane Médot, ce n’est pas uniquement celui qui a tué Chantal Humblet. Il a été ce petit garçon à qui on a envie de dire, ne traine pas dans la rue. » L’avocat a demandé aux jurés de rendre un « jugement digne, un jugement d’homme. Ce qui nous différencie des animaux c’est notre faculté de créer l’avenir. Un homme ne se résume pas à ce qu'il a fait, mais à ce qu’il refuse de faire. La justice, c’est d’abord une chaleur humaine, j’aimerai que celle chaleur l’emporte dans votre délibéré. » 

Ce fût ensuite au tour de Me Toller qui assure la défense de Sabrina Joannes de plaider. « Jamais je n’ai senti un poids si lourd que de défendre une maman que ses filles m’ont demandé de défendre. Il y a de l’amour sincère dans cette famille. » L’avocat a demandé aux jurés de repenser à ce qu’ils étaient il y a 5 ans et de se projeter dans l’avenir. Il a évoqué l’avenir des enfants de Sabrina Joannes. « Si on suit le réquisitoire de Mme l’avocate générale, Sabrina Joannes aurait plus de 70 ans et sa fille ainée aurait 50 ans. » Me Toller a lu une lettre envoyée à Sabrina Joannes par sa fille aînée. « Aujourd’hui je défends Mme Joannes, pas celle avec ses mensonges. C’est une femme généreuse. J’espère que l’on ne l’a jugera pas plus durement parce que c’est une femme. Un homme qui a beaucoup de conquêtes sera traité comme un papillonneur et une femme plus durement. Il y a quelque chose à aimer chez Mme Joannes. » Selon l’avocat, la peine proposée est « la destruction. » 

La défense estime qu’une année n’est pas ressentie de la même façon par une mère. « Pour une maman, un an de prison en vaut trois. La distance, le manque décuple l’effet des années. Si vous voulez lui donner une leçon, celle qu’elle n’a pas eu, c’est l’humanité. Donnez un sens à cette peine. » 

Me Molders-Pierre a rappelé que les seules personnes qui sont venues dire du bien de Mme Joannes ce sont : « celles à qui vous n’avez pas menti Mme Joannes », a-t-il déclaré en s’adressant à sa cliente. « Je vais devoir vous parler avec le coeur. Je voudrais vous parler de la prison. Ce n’est certainement pas un 5 étoiles et c’est bien normal. Ce serait même un 5 étoiles avec une piscine au soleil, pour Mme Joannes, ça reste la prison avec ses filles qui l'attendent. La prison, c’est attendre. » L’avocat a comparé l’attente en prison à celle chez un médecin. 

« Rien ne rend un être cher, pourquoi ne pas lui laisser sa première chance?" La défense a demandé aux jurés de ne pas choisir une peine au delà de 10 ans de prison. L’avocat a terminé par un mot à Me Toller, qui assurait la défense de Sabrina Joannes à ses côtés. « Mon cher confrère, Tu m’as demandé de venir dans cette affaire, difficile, mais on en a connu des plus difficiles. L’épreuve la plus difficile ce sera, dans quelques heures de téléphoner aux filles pour leur annoncer le verdict. Cela je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. »