Sami Haenen, un Flémallois âgé de 44 ans poursuivi devant la cour d'assises de Liège pour des faits assimilés à un délit de presse, a évoqué lundi matin lors de son interrogatoire l'importance de bénéficier d'une liberté d'opinion. Il réclame "un droit de mesure", alors qu'il est poursuivi pour un délit de presse et que des personnes qui l'auraient menacé n'ont jamais été inquiétées par la justice.

Né à Liège, Sami Haenen a vécu essentiellement avec sa mère durant sa jeunesse. Dans son entourage familial, il a une sœur plus âgée que lui, deux frères plus jeunes et encore une autre sœur plus jeune. L'accusé a effectué ses études en région liégeoise et a terminé ses études secondaires. Il a travaillé comme agent de gardiennage et a été condamné à deux reprises.

Sami Haenen a dit avoir beaucoup d'amis, dont la plupart sont virtuels. Il a également évoqué ses différentes relations affectives, dont une lors de laquelle il estime avoir été trahi. "Cette femme souffrait de diabète et disait être malade, mais elle sortait avec d'autres hommes. Elle m'a même extorqué de l'argent et fait du chantage en menaçant de se prostituer. Elle m'a raconté avoir été violée et je me suis battu avec le violeur présumé, avant de réaliser qu'elle avait menti", a-t-il indiqué au sujet d'une de ses précédentes compagnes.

Sami Haenen a confirmé qu'il était un adepte des réseaux sociaux. "Exprimer mon opinion est quelque chose d'important. Je parlais de l'hypersexualisation de la société, avec la banalisation de tenues provocantes chez des jeunes filles qui peuvent conduire à des drames. Je parlais du fait que les femmes ont un pouvoir de séduction beaucoup plus élevé que les hommes. Vingt pourcents des hommes ont encore un pouvoir de séduction alors que 80% ne sont pas désirés par les femmes. Les hommes se sont retrouvés de plus en plus dans la misère sexuelle et affective. Les médias parlent beaucoup de féminisme mais pas beaucoup de ce que peuvent vivre certains hommes au quotidien. Quand une femme veut manipuler, ce n'est pas interdit par la loi. Il y a un souci. Un homme n'est pas protégé de tout cela", a exposé l'accusé en évoquant le statut des "Incels", les célibataires involontaires.

Sami Haenen a dit avoir vu déferler sur lui un torrent de haine, d'insultes et de menaces lorsqu'il a exprimé ses idées sur les réseaux sociaux à l'égard des femmes. C'est pour cette raison qu'il aurait proféré les propos pour lesquels il comparaît. "Comme je me sentais menacé, j'ai écrit ces choses-là. J'étais énervé et inquiet, car je me sentais en danger de mort. Dans la crainte, j'ai écrit ces statuts-là pour dissuader les gens de venir m'agresser. Je sais que c'est une bêtise, mais je me suis senti en danger. J'ai voulu faire peur aux gens pour éviter d'être menacé. Je n'ai aucune arme chez moi dans le but de commettre ce genre de fait. J'ai dit cela uniquement pour qu'on me laisse tranquille", a expliqué l'accusé.

"Je déplore de ne pas avoir bénéficié d'un droit de mesure. Toutes ces personnes qui m'ont menacé de mort n'ont rien eu. Alors que moi, j'ai été envoyé en prison", a encore ajouté Sami Haenen.

Pour expliquer les circonstances de son arrestation musclée, alors qu'il avait reçu les policiers armés d'une batte de base-ball, Sami Haenen a exposé qu'il se sentait encore menacé et qu'il n'avait pas réalisé que des policiers se présentaient chez lui.

Sami Haenen a ajouté qu'il souhaite reprendre une vie normale après ses périodes de détention, simple ou sous régime du bracelet électronique. Il souhaite retrouver un travail.

"Je n'ai pas l'impression de souffrir d'un problème psychologique. Il y a juste les relations avec les femmes qui posent problème. La société actuelle fait que les hommes n'ont plus leur place dans la société. Je trouve que c'était mieux avant", a conclu l'accusé.