Le médecin légiste qui a autopsié le corps de Siham Soussane a été interrogé mardi matin par la cour d'assises de Liège dans le cadre du procès de Naïm Touzani, un Liégeois de 29 ans accusé du meurtre de sa compagne. Il a affirmé qu'au moins cinq coups au visage ont été portés sur la victime. Selon le légiste, "il y avait des signes de souffrance des poumons, du foie et des reins. Cela montre que l'ensemble des organes du corps étaient défaillants." Il a expliqué que la cause du décès était provoquée par une hémorragie intracrânienne.

Naïm Touzani a expliqué lundi matin, pour la première fois, qu'il avait porté deux coups au visage de Siham Soussane. Mardi matin, le médecin légiste a affirmé que plus de deux coups ont été portés au visage de la victime. "C'est un minimum de cinq coups, je pense. Deux coups, c'est trop peu," a-t-il estimé.

La partie civile a appuyé ce point lors de ses commentaires et elle est aussi revenue sur les mensonges de l'accusé lors de la reconstitution, qui a expliqué dans un premier temps au médecin légiste qu'il n'avait pas porté de coups au visage de Siham Soussane.

Naïm Touzani a lui-même souhaité intervenir mardi matin durant les commentaires pour revenir sur cette reconstitution, expliquant qu'il avait voulu maintenir à l'époque la version qu'il avait donnée lors de son premier interrogatoire.

Du côté de la défense, on constate que de nombreuses hypothèses sont émises par le médecin légiste, mais avec peu de confirmations. "Nous avons très peu de certitudes dans cette affaire," a expliqué Me Zevenne, estimant que la présomption d'innocence doit profiter à l'accusé. Il rappelle également que lundi matin, Naïm Touzani a décidé de dire toute la vérité.

Les faits se sont déroulés le 9 avril 2017 à Liège dans l'appartement que Naïm Touzani louait dans le quartier du Longdoz. Siham Soussane, une jeune femme âgée de 17 ans, a été frappée à de nombreuses reprises et est décédée des suites de ses blessures deux jours plus tard. Naïm Touzani s'est présenté de lui-même à la justice avec son avocat le 13 juin 2017, soit plus de deux mois après les faits. Il a été placé sous mandat d'arrêt et est depuis incarcéré à la prison de Lantin.

Naïm Touzani est accusé de meurtre et de coups et blessures portés sur une mineure d'âge. Il est défendu par Me Emeline Thône et Me Philippe Zevenne. La substitut Fabienne Bernard siège au poste du ministère public. Les intérêts des parties civiles sont défendus par Me Séverine Solfrini, Me Pascal Rodeyns et Me Abdelhadi Amrani. Le procès dirigé par Annick Jackers devrait se dérouler jusqu'à vendredi.