Le médecin légiste qui a procédé à l'autopsie de Claudine Hallut a confirmé mardi, devant la cour d'assises de Liège, que la victime avait été égorgée par deux coups de couteaux. La sexagénaire est décédée, dans un court laps de temps, d'une importante hémorragie, a présenté le médecin au procès de Daniel Mathy, accusé de l'assassinat de Mme Hallut. Claudine Hallut (61 ans) avait été égorgée le 9 février 2018 à Saint-Nicolas (Liège). L'accusé s'était introduit dans sa propriété et lui avait porté plusieurs coups de couteau. Daniel Mathy, qui ne supportait pas la séparation de son épouse, avait ensuite tenté de se suicider.

Un expert toxicologue auditionné devant le jury a confirmé que Daniel Mathy ne présentait pas de traces attestant de la consommation d'alcool, de produit stupéfiant ou de médicament psychotrope. L'analyse de son sang, prélevé immédiatement après son arrestation, n'a révélé que la présence d'un médicament antiarythmique, à une concentration thérapeutique.

Le médecin légiste Maxence Berrendorf, qui a réalisé l'autopsie de la victime, a relevé sur les mains de Claudine Hallut une multitude de plaies de défense. Plusieurs incisions relevées sur ses doigts ont démontré qu'elle a tenté de résister à des coups de couteau lorsqu'elle a été surprise par Daniel Mathy.

Claudine Hallut présentait surtout deux plaies profondes au niveau cervical gauche. Ces plaies étaient longues de 11 et 12,5 centimètres. Elles ont sectionné les muscles de la gorge, la veine jugulaire et l'artère carotide. Ces lésions, qui représentent un égorgement pratiqué de la droite vers la gauche, ont entraîné une hémorragie importante et ont provoqué le décès dans un court laps de temps. "Ce délai peut aller de quelques secondes à, tout au plus, deux ou trois minutes", a indiqué l'expert.

Au niveau du thorax, Claudine Hallut présentait aussi deux plaies nettes et profondes occasionnées avec un couteau. L'un de ses poumons a été transpercé. Selon le médecin légiste, le décès de Claudine Hallut est survenu en raison d'un choc hypovolémique, soit une perte de sang massive, consécutif aux plaies qui ont occasionné les sections de l'artère carotide et de la veine jugulaire.

Le médecin légiste avait aussi assisté à la reconstitution des faits. Il avait relevé certaines incompatibilités dans les déclarations de Daniel Mathy, qui évoquait quatre ou cinq coups portés dans le thorax et qui ne parlait pas de gestes de défense. Daniel Mathy a toujours affirmé avoir égorgé son épouse alors qu'elle était déjà étendue au sol. Cette explication est compatible avec les constatations de l'expert légiste.