Le ministère public a demandé vendredi au jury de la cour d'assises de Liège de déclarer les accusés Lucas Pianta et K. coupables du meurtre de Jean Driesmans pour faciliter le vol. Le parquet estime que, même s'il n'est pas démontré que Lucas Pinta a porté des coups à l'octogénaire, l'accusé est bel et bien co-auteur des violences puisqu'il a apporté l'aide nécessaire aux autres agresseurs. Jean Driesmans, un habitant de Saint-Nicolas âgé de 80 ans, avait été frappé à de nombreuses reprises lors d'une attaque commise le 23 février 2016 à son domicile par cinq jeunes. Ce glacier ambulant avait été tué et dépouillé d'une somme de 1.600 euros, de bijoux et d'un GSM. Lucas Pianta (24 ans) et K. (23 ans) sont les seuls à répondre de ces faits devant la cour d'assises, les autres auteurs des faits ayant pour leur part été jugés par la justice des mineurs.

Pour le substitut du procureur du Roi David Lengrand, il ne fait aucun doute que les deux accusés avaient bien l'intention de commettre un vol lorsqu'ils se sont rendus chez la victime. Ils ont fouillé sa maison et ont participé au partage du butin.

Quant aux violences déployées pour faciliter le vol, K. a avoué avoir assené de nombreux coups à Jean Driesmans, a rappelé le substitut. Si le dossier ne démontre pas que Lucas Pianta a également porté des coups à la victime, M. Lengrand considère l'accusé comme co-auteur des violences, qui faisaient "partie du plan". "Lucas Pianta a amené les liens pour ligoter la victime. Il a apporté une aide nécessaire et posé des actes concrets. Il savait que des coups étaient portés à la victime et les a acceptés", a souligné le ministère public.

Pour le substitut, le meurtre a bien été commis pour faciliter le vol ou en assurer l'impunité. Trente-deux lésions attestent des nombreux coups portés à l'octogénaire. K., en particulier, les a assenés avec une extrême violence. Un tabouret a même été utilisé contre la victime, avec des conséquences mortelles.

Le ministère public estime aussi que le meurtre peut être retenu contre Lucas Pianta, même s'il n'a pas porté de coup au glacier. Son inaction consciente et volontaire constitue un acte d'encouragement, a pointé le substitut. Sa participation aux faits et son absence de réaction révèlent sa solidarité avec les autres auteurs des faits.

Du côté des parties civiles, celles-ci avaient déjà insisté sur la culpabilité des deux accusés. "Lucas Pianta s'était adressé à trois jeunes à problèmes pour mettre cette attaque sur pied. Dès le départ, ils savaient que leur plan était foireux et que Jean Driesmans allait opposer une certaine résistance", avait souligné Me Tasset. "Ils veulent nous faire croire qu'ils n'avaient pas l'intention de tuer la victime" mais "leur premier espoir, quand ils sortent de la maison, est qu'elle soit morte pour qu'elle ne puisse rien raconter".

La partie civile a encore insisté sur l'absence de regret des accusés et rappelé qu'aucun d'eux n'a eu l'intention de porter secours à la victime.

La cour entendra les plaidoiries de la défense ce vendredi après-midi.