Les experts ont été entendus mercredi matin devant la cour d'assises de Liège au procès de Diana Hanzé, une Jalhaytoise âgée de 29 ans, accusée d'avoir commis le meurtre par défenestration de Mohamed El Atmani. Selon les conclusions d'un expert en biomécanique humaine, Mohamed El Atmani aurait bien été poussé avant sa chute. Les faits reprochés à l'accusée s'étaient déroulés le 5 avril 2017 vers 15h30 à Verviers. Mohamed El Atmani (46 ans), en état de séjour illégal, avait fait une chute depuis la fenêtre du deuxième étage d'un immeuble situé rue des Raines. Mohamed El Atmani aurait été poussé avant de tomber par la fenêtre. Il était décédé de ses blessures après son hospitalisation.

L'autopsie réalisée par le médecin légiste Simon Cauchies a révélé que le corps Mohamed El Atmani présentait de nombreuses lésions. L'expert a relevé une fracture de la mandibule, une plaie à l'arrière et au haut du crâne, un saignement du nez et de l'oreille et une importante fracture du crâne. Le corps présentait aussi une fracture de l'orbite droite et une importante hémorragie intracrânienne.

Le médecin légiste a aussi relevé une série importante de lésions sur la partie droite du corps. Il y avait une lésion de contre-coup, avec les traces du cerveau projeté sur le côté droit de la boîte crânienne et démontrant un impact de décélération sur le côté droit du corps. Mohamed El Atmani présentait aussi de multiples fractures des côtes, avec un enfoncement du côté droit de la cage thoracique, ainsi que des fractures de vertèbres et du bassin à droite.

Un expert en biomécanique humaine a été sollicité pour analyser, en termes de probabilité, la chute réalisée par Mohamed El Atmani. Cette expertise a tenu compte de la disposition des lieux, de la position du corps au sol, des lésions et des différentes distances mesurées. L'analyse a aussi été réalisée en tenant compte du fait que la fenêtre par laquelle Mohamed El Atmani est tombé ne tenait pas en position ouverte seule. En cas d'ouverture, elle se refermait automatiquement.

Mohamed El Atmani a effectué une chute d'une hauteur de 8,40 m et le corps a été retrouvé à une distance d'1,93 m du pied du bâtiment. La durée de sa chute est calculée à 1,31 secondes. Pour parcourir la distance horizontale, un élan ou une poussée a nécessairement été appliqué au départ de la chute.

L'hypothèse du suicide avec prise d'élan a été écartée en raison de la particularité de la fenêtre qui se referme seule. Selon l'expert, un saut avec une position de départ accroupie peut aussi être écarté car l'auteur du saut aurait dû effectuer un plongeon horizontal, tout en faisant une rotation à droite. Cette hypothèse ne peut être retenue par l'analyse biomécanique.

L'hypothèse la plus probable est l'intervention d'une tierce personne au départ de la chute. "Il faut une force allant de 15 à 20 kilos pour que le corps parcoure la distance horizontale. Mais le corps est tombé sur le côté droit. Cela s'explique par le fait que la victime se tournait au moment où elle a été poussée ou qu'une poussée asymétrique (un peu plus prononcée à droite) a induit un mouvement de rotation", a expliqué l'expert.

Un contre-expert sollicité par la défense a émis une autre hypothèse et estimé que la victime n'était peut-être pas immobile devant la fenêtre, dont l'appui de fenêtre était trop pas et considéré comme dangereux. La victime aurait pu se tenir à proximité immédiate de la fenêtre maintenue ouverte d'une main et, dans son mouvement, se cogner à l'appui de fenêtre et effectuer une chute accidentelle.

Les jurés ont également pu entendre les conclusions des experts qui ont soumis Diana Hanzé au polygraphe. L'accusée était volontaire pour se soumettre à cette expertise mais les résultats de trois tests ont été non concluants. Diana Hanzé était amorphe et en manque de motivation lors de ces tests.