Liège Une convention avec Ardenne&Gaume a été ratifiée voici quelques semaines.

La signature de cette convention est quelque peu passée inaperçue… à Aywaille pourtant, elle devrait déterminer l’avenir de l’un des symboles les plus fascinants de l’entité : les chèvres de la Heid des Gattes ! Désormais en effet, la commune est gestionnaire de cette harde… Elle a tout simplement adopté ces chèvres sauvages, ce qui devrait assurer leur avenir. Explications.

Depuis toujours en effet, la bien nommée réserve de la Heid des Gattes abrite sur ses pans escarpés, un troupeau de chèvres sauvages. Cette harde rappelle Jean-Michel Darcis, conservateur de la Réserve de la Heid des Gattes, "s’est affranchie de l’homme depuis près d’un siècle et est devenue férale". Redevenue sauvage donc. Aujourd’hui, ces chèvres n’appartiennent à personne. Mais depuis quelques semaines, le charmant troupeau s’est trouvé un berger… la commune.

Point de domestication en vue, "mais une convention a été signée avec Ardenne&Gaume, ASBL gestionnaire de la Heid des Gattes", nous explique Laurence Culot, échevine du Bien-être Animal, "ce qui doit notamment permettre de fixer un cadre pour la régulation du troupeau".

Aywaille a ainsi répondu à un appel de l’Afsca, l’Agence fédérale pour la sécurité alimentaire, qui réclamait une mise en conformité d’une situation qui pouvait s’avérer problématique, d’un point de vue sanitaire. En effet, il n’est pas rare de constater que les chèvres "sortent" de leur réserve par "quelque incursions dans les pâtures et jardins voisins malgré les clôtures mises en place", constate Jean-Michel Darcis qui rappelle pour sa part que "le caractère sauvage de la harde est absolument unique en Europe. Elle constitue d’ailleurs un maillon indispensable de l’écosystème de ce site unique protégé en réserve naturelle agréée".

Mais puisque le risque sanitaire semble exister, une régulation du troupeau avait aussi été mise en place. Avec cette "prise en charge" communale, l’échevine Laurence Culot, par ailleurs vétérinaire de profession, assure que le bien-être de la harde passera avant tout.

On tire sur les chèvres... pour leur bien !

La régulation de la harde est indispensable à sa préservation. Explications…

Le problème de la harde de la Heid des Gattes… est le même que son atout : c’est une harde de chèvres sauvages. Depuis toujours dès lors, une régulation est pratiquée sur les bêtes et ce, afin qu’elles ne prolifèrent pas de manière erratique.

"Comme tout animal sauvage en effet, les gattes se débrouillent seules, sans intervention humaine, si ce n’est une régulation de leur nombre comme nous le faisons aussi pour le sanglier", explique Jean-Michel Darcis. "En effet, les chèvres se reproduisent rapidement toute l’année. Et celles-ci ne s’autorégulent pas. Une régulation est donc nécessaire", poursuit Laurence Culot. Outre le caractère gênant pour les riverains, "une surpopulation pourrait aussi entraîner un risque sanitaire pour celles-ci, avec le risque que l’Afsca nous oblige à abattre tout le troupeau".

"Mais puisque ces bêtes sont sauvages, un accord était aussi intervenu avec l’Afsca pour ne pas les boucler individuellement", explique encore Jean-Michel Darcis… Comme pour toute bête sauvage en effet, l’approche est difficile et peut provoquer des stress mortels, comme l’ont prouvé certaines tentatives visant à réguler le troupeau. La problématique ne date pas d’hier bien sûr mais la requête de l’Asfca a permis d’adopter cette convention, avec la fixation d’un cadre.

Rapidement, le nombre "critique" de 40 bêtes fut atteint l’an dernier. Ce qui a obligé les autorités à tirer sur un certain nombre, pour arriver à seuil de 25-30 bêtes. La nouveauté, avec la convention signée récemment, c’est donc que cette régulation devrait être réalisée dans le respect de certaines normes. Plus question de tirer quinze bêtes en une fois.

"Il a été décidé que les prélèvements dans le troupeau seraient réalisés de manière individuelle", poursuit l’échevine, et donc de manière régulière. Les prélèvements sont donc réalisés de manière à conserver un équilibre entre les mâles et les femelles pour freiner la démographie du troupeau, sans hypothéquer sa pérennité. En outre, lorsqu’une bête est tuée, la convention prévoit qu’elle soit laissée sur place. Et la nature fait le reste…