C’est par une séquence théâtrale sur les réseaux sociaux que le bourgmestre faisant fonction de la ville de Huy, Eric Dosogne a fait savoir que le collège hutois refusait le permis d’environnement demandé par la SPAQuE pour exploiter temporairement un centre de regroupement de boues au port de Statte.

À l’instar de Donald Trump dans ses meilleurs moments, Eric Dosogne a signé le refus du permis sous les caméras, montrant ostensiblement le document fraîchement signé…

Plus sérieusement, le refus du collège hutois est principalement motivé par les nuisances que ce centre de regroupement pourrait avoir pour les habitants de Statte.

Pour rappel, la SPAQuE avait introduit ce permis pour stocker sur place pas moins de 150 000 tonnes de boues qui ont été charriées durant les inondations de juillet dernier. Le but était de les évacuer pour les traiter au fur et à mesure dans des centres spécialisés. Le stockage était prévu pour deux ans maximum.

Le permis avait alors été introduit auprès du fonctionnaire délégué qui avait rendu un avis favorable. Il s’appuyait sur le fait que des éventuelles nuisances n’auraient pas duré longtemps (deux ans quand même) et qu’elles auraient été minimisées au maximum. Il arguait aussi que Statte était en bord de Meuse ce qui rendait plus facile le transport desdites boues.

Sur la bretelle A601

Il était aussi question d’imperméabiliser le sol et d’employer des brumisateurs pour empêcher l’envol des poussières. Il était par contre fort peu question des 80 camions journaliers auraient fréquenter le site hutois. Le tout sans compter les nuisances ultérieures pour la remise en état du site.

Ceci dit le refus du collège ne signe pas la fin du projet pour autant. En effet, un recours peut être introduit auprès de la Ministre Tellier. Si elle venait à donner raison à la ville, la SPAQuE devrait alors trouver un autre endroit. C’est ici que l’on reparle immanquablement de la bretelle autoroutière de l’A601. Débarrassée des déchets, elle pourrait reprendre du service.

L’endroit présente un avantage, il a déjà été utilisé et permet le stockage sur une dalle déjà construite, l’autoroute elle-même.

Jean-Michel Crespin