Au cœur d’un rendez-vous atypique dans le quartier Saint-Léonard

Nous ne sommes pas ici dans un haut lieu carnavalesque ni au cœur d’un folklore ancestral. Chaque année depuis 2004 pourtant, alors que les célèbres Cwarmé de Malmedy ou Rosenmontag d’Eupen ont déjà battu "son plein", un rendez-vous plutôt décalé rassemble des centaines (800 cette année) d’individus costumés, en Saint-Léonard. Ici, le carnaval est comme ce quartier liégeois, il revit. Et de la plus belle des manières.

Sur le coup de 14 heures en effet, le traditionnel cortège du carnaval du Nord s’est élancé depuis la place Vivegnis, vers la rue Maghin, pour effectuer un tour dans Saint-Léonard. Si un fil rouge existe bien sûr (lire ci-après), il ne fallait assurément pas tenter de déceler une "thématique" de l’événement car la règle, c’est l’absence de règle précisément. Ce samedi 9 mars, les lutins ont côtoyé les fanfares, les travestis, les clowns, les "majorettes" et d’autres Arlequins du XXIe siècle. Pour le plus grand plaisir des habitants du quartier, toujours plus nombreux sur le passage du cortège.

On retiendra ces forces : une ambiance digne d’un événement qui vient rafraîchir ce type de festivités et une présence massive de jeunes du quartier qui, comme leurs parents… se lâchent littéralement. Le tout, arrosé de plusieurs tonnes de confettis, visiblement très en vogue au carnaval du Nord.

Dans l’édition 2019, il y avait donc de l’exubérance, avec ces joyeux danseurs frénétiques. Il y avait aussi un brin d’humour et de second degré avec ces majorettes qui n’hésitaient pas, en rythme, à montrer leur postérieur à l’assemblée. Mais il y avait aussi des fanfares hurlantes sans oublier un brin de politique, une poupée malmenée de la ministre libérale Marie-Christine Marghem ouvrant la marche…

Mais que faisait tout ce petit peuple ? Sans en avoir l’air, il suivait un rituel bien établi car qui dit carnaval dit aussi tradition et celle du carnaval du Nord, c’est celle du Miniss Hiver, qui doit être "lapatatisé". Le méchant Miniss était donc promené dans sa cage, en tête de cortège, afin d’être lapidé de patates. Le rendez-vous était donné dans la soirée autour d’un grand feu…