"C'est la première fois que les deux réseaux sont impactés de la sorte en même temps. C'est une catastrophe et nous n'avions jamais connu cela", indique d'emblée le directeur général de RESA, Gil Simon.

La réparation des réseaux de distribution se poursuit après les inondations meurtrières qui ont ravagé une partie de la Belgique et particulièrement la province de Liège. Un retour complet à la normale prendra du temps mais la situation évolue. "Au pic de la crise, nous avons comptabilisé près de 400 cabines électriques impactées pour 26.500 foyers. Au niveau du gaz, le premier bilan faisait état de 3.600 foyers affectés avant la sécurisation des lieux qui a porté le nombre à 6.500 habitations. Nous faisons face à des paysages apocalyptiques", ajoute le directeur général.

Un travail titanesque a depuis été pris en charge par les équipes de RESA. Au niveau de l'électricité, plusieurs opérations sont en cours, comme le nettoyage et la remise en état des cabines, les poses de groupes électrogènes à plusieurs endroits ou encore le remplacement de compteurs.

Ce mardi, quelque 10.000 foyers ainsi que 111 cabines étaient encore impactés. RESA espère la reconnexion des cas les plus critiques pour la fin du mois août.

En ce qui concerne le gaz, la reconstruction du réseau prendra plus de temps encore. Chaque installation doit être vérifiée et sécurisée. "Nous sommes passés tout près d'un drame encore plus important et nous purgeons toujours les conduites. Pour pouvoir tout reconstruire, il faudra également une coordination générale, car les chantiers sont liés à des aménagements d'infrastructures communales. Nous espérons un retour à la normale durant l'hiver", développe Gil Simon. Environ 10.500 foyers, dont 2.500 à Embourg, sont toujours privés de gaz.

De gros travaux attendent les équipes de RESA durant les prochains mois. Les kilomètres de réseau à reconstruire pour le réseau électrique sont estimés à 50 km, pour 7.500 compteurs à changer. Un coût qui s'élève à 20 millions d'euros, selon la première estimation. Pour le gaz, le coût grimperait à 45 millions d'euros avec 45km de conduites à remplacer. Une enveloppe qui correspond à l'équivalent d'un investissement d'un an sur l'ensemble des réseaux.

Isabelle Simonis, présidente du conseil d'administration de RESA, se dit solidaire avec les victimes et les équipes de terrain. Avec Gil Simon, ils ont mis en exergue la solidarité entre les gestionnaires de réseau de distribution. "ORES nous apportera une aide pour le réseau gazier alors que Sibelga (Bruxelles) et Fluvius (Flandre) en feront de même", précisent-ils. Enfin, des équipes administratives de RESA sillonneront les communes sinistrées pour répondre aux questions des citoyens.