La chambre du conseil de Liège va ordonner la clôture de l’enquête concernant la tuerie de Liège commise le 29 mai 2018 par Benjamin Herman en constatant qu’elle n’a pas permis d’identifier des complices ou une personne précise qui aurait radicalisé l’auteur des faits. 

Pour rappel, l’homme qui était alors en congé pénitentiaire aurait tué un complice avant de se rendre à Liège pour y commettre un attentat. Le 29 mai 2018, en matinée, Benjamin Herman s’est rendu devant le café Aux Augustin situé à l’angle d’un des boulevards les plus fréquentés de Liège. Il était armé d’un couteau lorsqu’il a attaqué une première policière chargée de contrôler les voitures en stationnement. 

Sous cette menace, il a réussi à voler l’arme de la seconde policière présente sur place. L’agresseur les a tuées toutes les deux à l’aide de son couteau. Il a tiré sur le véhicule de contrôleur de bus avant de tirer sur un étudiant qui se trouvait dans une voiture. Le jeune homme est décédé. Benjamin Herman s’est ensuite réfugié dans une école. Il a tiré en direction de la cour puis a pris en otage une femme d’ouvrage. Les étudiants ont été évacués. Benjamin Herman a été bloqué par le directeur dans le sas de l’entrée de l’école. Il a crié à plusieurs reprises "Allahu Akbar.

Le tueur a tiré vers les policiers avant d’être abattu. Les faits ont été qualifiés d’acte terroriste. L’état islamique les a revendiqués. Mais après le décès du principal auteur et par la même l’extinction des poursuites à son encontre, la justice n’a réussi à déterminer si une personne précise lui avait apporté de l’aide ou était intervenue dans sa radicalisation qui est intervenue en prison. 

L’homme était suivi par les services judiciaires et de renseignement. Malgré une enquête poussée menée depuis près de trois ans, personne n’a pu être précisément pointé du doigt. " On a entendu pas mal de gens", indique Me Maxime Toller qui défend le fils d’une des policières assassinées par Benjamin Herman. " La justice est allé au bout du dossier. La question n’est pas de savoir si Benjamin Herman a fait trop ou trop peu de prison, mais comment il en est ressorti pire que quand il y est entré. Il a clairement été radicalisé lors de ses incarcérations." Selon l’avocat, des personnes lui avaient mis en tête que c’était une bonne manière de partir. "Après avoir tué son complice, il s’est dit qu'il voulait sortir par la grande porte avec un feu d’artifice.

Benjamin Herman n’avait pas fait acte d’allégeance. Il a fréquenté des radicalisés, mais il n’aurait pas eu de mentor ni de grande préparation de son acte. Pour les familles des victimes, c’est loin d’être une consolation. "Mon client a un sentiment de gâchis. Il vit une grande souffrance et de l’incompréhension. Il se pose la question de savoir pourquoi Benjamin Herman n’a pas été suivi et que lors de ses séjours en prison, on n’a rien fait pour qu'il s’améliore." Une ordonnance viendra clôturer l’enquête.