Ce dimanche 25 octobre, le CHR de la Citadelle fait état de chiffres plus qu’alarmants : 153 patients sont hospitalisés pour cause de Covid-19, dont 27 en soins intensifs. Sur ces 27, 18 ont été placés sous ventilation et 2 sous Ecmo. Depuis 24 heures, on dénombre 22 entrées, contre seulement 6 sorties.

Pour accueillir tous ces patients, le CHR de la Citadelle doit donc s’adapter en permanence : « Cet après-midi, plusieurs équipes logistiques ont été rappelées en urgence car nous devons ouvrir une septième salle Covid de lits banalisés », explique Sylvianne Portugaels, directeur général de l’hôpital. « Au plus fort de la première vague, nous en avions ouvert cinq. Et ce ne sont pas les lits qui pourraient manquer, mais bien le personnel et l’encadrement. Car dehors, la vie continue, et les patients non-Covid – accidentés de la route, crises cardiaques, mais aussi des événements heureux comme des naissances – sont toujours bien pris en charge par notre institution ».

En mars, le pic avait été atteint avec 116 patients Covid hospitalisés. Aujourd’hui, on est toujours en phase exponentielle. Pour Stéphane Degesves, chef du service des urgences du CHR de la Citadelle, la crise sanitaire sera bientôt hors de contrôle : « Il ne faut pas confondre liberté individuelle et permis de tuer : les asymptomatiques pensent ne pas être dangereux, ils le sont pourtant terriblement pour les autres. Les contaminations intra-familiales explosent, et pourtant les gestes barrières ne sont pas encore respectés par tout un chacun. Ajoutez à cela des mesures politiques qui touchent difficilement leur cible, et vous obtenez un cocktail détonnant pour rendre la situation intenable et bientôt critique».

Les quinze prochains jours seront donc déterminants quant à savoir si les courbes vont s’infléchir. « Le problème est que ces deux semaines vont sembler une éternité pour les équipes médicales qui, bien qu’épuisées, font preuve d’un professionnalisme et d’un dévouement hors normes », poursuit Stéphane Degesves. « Nous n’en sommes plus à espérer une amélioration dans quinze jours, mais à chercher comment nous allons gérer l’afflux de patients ce soir, demain, les jours qui viennent ».

Le message du personnel est donc clair : il faut des mesures fortes et compréhensibles, et surtout l’adhésion de la population à l’immense effort qui est aujourd’hui demandé. Sans ces deux ingrédients, complémentaires, cette deuxième vague fera des ravages.