En lui faisant une proposition qu’il ne pourra pas refuser…

Pour le front commun syndical, le plus délicat de sa proposition sera sans doute de convaincre ArcelorMittal de céder l’outil liégeois.

“Une des pistes serait de l’exproprier. On pourrait gagner un procès contre ArcelorMittal pour abus de droit, cette solution prendrait trop de temps, 10 à 20 ans, avec une condamnation financière modeste” explique José Verdin.

Les syndicats pensent dès lors qu’il faut convaincre Mittal d’abandonner volontairement ses actifs. “Nous pouvons nous appuyer sur plusieurs éléments. D’abord, le coût environnemental. Il devrait se situer à plus de 600 millions. En clair, forcer Mittal à débourser cette somme pour la remis en état des lieux” .

Le front commun envisage également d’activer la convention prévoyant des pénalités en cas de non-relance. Pour lui, il faut aussi considérer comme patrimoine partagé les outils ayant fait l’objet d’un financement public. “Il faut aussi évaluer et exiger le remboursement des aides fiscales, sociales et de formations” . En tout, selon les syndicats, cela fera pour Mittal plus d’un milliard d’euros ! “Comme il a besoin de liquidités, Mittal pourrait éviter de payer cette somme en nous laissant l’outil.”

Mais, rien ne dit évidemment que le sidérurgiste indien va accepter un tel deal.

“À ce moment, nous avons un plan pour mettre en cause de l’image d’ArcelorMittal à Liège et dans le monde. Nous savons qu’il y est sensible. Nous ferons également savoir à la communauté financière internationale la surévaluation manifeste de l’action d’ArcelorMittal. Nous pourrions d’ailleurs faire appel à Deminor. ” D’autres pistes plus secrètes ont également été étudiées.

La proposition syndicale sera présentée ce mardi au conseil d’entreprise d’ArcelorMittal et le 5 juillet prochain au kern du gouvernement wallon “qui devra prendre ses responsabilités”. Les syndicats attendent évidemment les réactions avec impatience et détermination.



© La Dernière Heure 2012