La pandémie de Covid-19 a bouleversé nos habitudes, nous obligeant tous à nous adapter… L’ASBL Opération Thermos Liège, dont la mission est de lutter contre l’exclusion, n’y a pas échappé. Si bien que la saison dernière, il a fallu fonctionner sur base d’une réorganisation de l’accueil des bénéficiaires, tant au niveau de l’abri de nuit (rue Chevaufosse) que du restaurant social (rue Volière). Et parmi les adaptations mises en œuvre, relevons notamment que le nombre de lits est passé de 24 à 18 et que les repas sous forme de buffet ont été supprimés au profit de lunch packs.

Pour cette nouvelle saison qui débutera le 18 octobre, jusqu’à fin avril, les mesures de sécurité seront à priori assouplies, sachant notamment qu’une campagne de vaccination a été menée auprès des plus démunis. "Nous espérons revenir aux 24 lits avec la possibilité de disposer de deux lits d’urgence en cas de froid morbide", souligne Magali, volontaire au sein du conseil d’administration.

Si le masque sera toujours requis pour accéder aux installations, l’ASBL pourra à nouveau proposer un accueil à table pour les repas. Ces assouplissements sont un soulagement pour les équipes, non seulement au niveau des contacts sociaux mais aussi parce que davantage de personnes se sont retrouvées dehors pour la nuit en raison de la réduction du nombre de lits…

"Environ 1 800 nuitées ont été refusées la saison dernière. C’est plus que les années précédentes", souligne Magali. Et Paul, autre membre du CA, d’ajouter que des kits, contenant notamment des couvertures, ont été distribués aux personnes qui n’étaient pas retenues pour la nuit, en collaboration avec Les Sentinelles de la Nuit. Ce qui, Covid ou non, se produit inévitablement sachant que l’on dénombre plus de personnes sans-abri qu’il n’y a de places disponibles en abri en région liégeoise…

Pas assez de lits

En temps normal, en effet, ce sont environ 45 personnes qui se présentent tous les soirs à la porte de l’abri de nuit de l’ASBL Opération Thermos Liège, de janvier à mars… Difficile de dire, à ce stade, si les équipes devront faire face à une augmentation des demandes, notamment en raison des inondations ayant provoqué des dégâts considérables…

"En ce moment, la nuit, on voit arriver d’autres personnes du côté de la gare des Guillemins. Des personnes qui disent qu’elles ont tout perdu…", relève Estelle, également active auprès des Sentinelles de la Nuit, qui vont à la rencontre des sans-abri pour leur apporter une aide de première nécessité.