Santé Ils étaient notamment destinés au secteur des maisons de repos. Un gérant fulmine.

En cette période de crise sanitaire, jamais la mise à disposition de matériel de protection à ceux qui en ont besoin n’a autant fait jaser.

Et pour cause au vu de la situation d’urgence dans laquelle travaille le personnel des services de soins de santé. Et ce, qu’il s’agisse des hôpitaux, l’ensemble de ceux de la province appelant au don de matériel, ou des structures extra-hospitalières.

À cet égard, alors même que la Région, laquelle a mis sur pied une "task force", envisage de produire elle-même des masques, une distribution a eu lieu ce mercredi. Notamment à Liège où 90 000 masques ont trouvé preneurs auprès du personnel médical.

Il faut dire que ces masques chirurgicaux et autres de type FFP2 sont devenus une denrée rare. Laquelle est donc particulièrement recherchée, en ce compris par les aides familiales, les infirmiers à domicile ou encore les soignants actifs dans les maisons de repos.

"Une situation de deux poids deux mesures"

À cet égard, c’est un véritable cri de colère qui est poussé par le gérant d’une résidence pour 150 seniors de Herstal. Préférant conserver l’anonymat, ce dernier, qui fait partie d’un grand groupe, dénonce "une situation de deux poids deux mesures".

Dans son viseur : le fait qu’un stock de masques destiné à plusieurs groupes est actuellement en attente à Liège Airport. Et ce depuis le week-end, un problème administratif étant en cause.

Selon notre interlocuteur, rejoint par la société par laquelle a transité cette commande de 120 000 masques, le rôle joué en l’espèce par l’Agence fédérale des médicaments et des produits de santé ne serait pas optimal.

"On constate une différence de traitement entre les commandes publiques et celles issues du privé, qui se démène pourtant", est-il souligné par les deux intervenants. De son côté, Pierre Collard, patron de Seek and Care, sorte d’Amazon de la santé qui travaille notamment pour le CHC et le CHU de Liège, estime que "l’on nous met des bâtons dans les roues".

En attendant une issue, le personnel est en première ligne face à la situation et les patients ou les résidents sont confinés dans leur chambre.

Bruno Boutsen