Des niveaux anormaux de plomb ont été trouvés dans le sang de certains ouvriers du Banc d’épreuves des armes à feu de Liège, l’institution gouvernementale qui s’assure de la conformité des armes à feu. C’est en tout cas ce qu’a dénoncé vendredi le Syndicat libre de la fonction publique (SLFP). Le syndicat demande d’ailleurs qu’une enquête externe indépendante soit menée.

L’exposition au plomb à long terme est considérée comme probablement cancérigène et peut entraîner, entre autres, des lésions nerveuses et des problèmes cardiovasculaires et rénaux. Selon Jimmy Verlez, secrétaire fédéral du SLFP, il a été constaté que certains travailleurs du Banc d’épreuves des armes à feu ont près de deux fois le taux normal de plomb dans le sang.

Selon le syndicat, la communication avec la direction pose également problème. “Nous les soupçonnons fortement de faire de la rétention d’informations”, explique Jimmy Verlez. “En 2018, des défauts ont déjà été identifiés, mais il n’y a pas eu de communication à ce sujet avec le personnel. Ceux qui sont recrutés ne sont pas non plus avertis des risques pour la santé.”

Le syndicat dénonce également un non-respect des lois sur le bien-être et craint un risque non seulement pour le personnel mais également pour les résidents à proximité. “Nous demandons une enquête externe sur le respect des normes de plomb, de cuivre et de chrome dans les ateliers et dans les alentours du site.”

Le SLFP demande à la direction de sortir de son mutisme et se dit “ouvert au dialogue” afin de régler les problèmes et que la sécurité de tous les travailleurs et travailleuses puisse être assurée.

L’affaire n’est toutefois pas neuve puisqu’en avril 2017, le député N-VA, Koenraad Degroote, avait interpellé le ministre du Travail de l’époque, Kris Peeters (CD&V) afin d’obtenir des réponses claires sur une situation qualifiée d’intolérable… les travailleurs sont exposés à des émanations de plomb qui pourraient s’avérer (très) dangereuses.

La problématique serait pourtant connue depuis plusieurs années au banc d’épreuves, au point que plusieurs travailleurs présentaient déjà en 2017, un taux de plomb dans le sang supérieur aux normes légales, deux fois supérieur… “Or le plomb est une substance pour laquelle le moindre dépassement est strictement interdit”, rappelait à l’époque Béatrice Louviaux, permanente CNE.

“Cela remonte à plusieurs années en effet, suite à des émanations toxiques constatées là où on éprouve les armes, des travaux avaient été entrepris mais ils n’ont pas porté leurs fruits”, poursuivait la syndicaliste. “Un travailleur est aujourd’hui en incapacité de travail, on lui a détecté un taux de plomb dans le sang supérieur aux normes”. Suite à ce constat d’autres travailleurs ont effectué des analyses… ils seraient 8 concernés à Liège.