Le tribunal correctionnel de Liège a terminé lundi l’examen du dossier de trois prévenus poursuivis dans un vaste dossier de "Smishing", une fraude aux SMS.

Selon le parquet fédéral, la fraude avait permis de voler plus de deux millions d’euros à plus de 160 victimes en région liégeoise.

L’enquête avait permis l’interpellation de trois personnes en Belgique, dont celle d’un Marocain considéré comme un génie informatique. Ses compétences avaient bénéficié au réseau dirigé, depuis le Maroc, par une tête pensante.

L’arnaque s’était développée au départ par l’envoi à des listes de victimes choisies sur le darkweb d’un SMS, alertant de l’existence d’une fraude ou d’une erreur de facturation émanant d’un opérateur en téléphonie.

Dans ces SMS frauduleux, les utilisateurs étaient soi-disant informés que l’opérateur avait fait une erreur de facturation. Les personnes étaient invitées à suivre un lien pour se voir rembourser une somme. Une fois arrivés sur le lien, les organisateurs les questionnaient sur leurs données bancaires. Il ne restait plus qu’aux escrocs à utiliser ces données pour vider les comptes des victimes.

En tout, selon le parquet fédéral, les suspects auraient détourné un total de plus de deux millions d’euros ! Ils ont fait des victimes dans toute la Belgique. Une des victimes s’est vue dépouiller de 7 789 euros en une seule fois…

Contre le premier prévenu, le parquet fédéral avait requis une peine de 56 mois de prison. Son avocat avait minimisé son rôle en le présentant comme un intervenant avec un rôle limité à l’envoi de SMS.

Pas d’élément suffisant

Cet homme, qui a déjà purgé 15 mois de prison en détention préventive, avait pleinement collaboré à l’enquête et expliqué les rouages du système.

Au final, ce 1er prévenu a été condamné à trois ans de prison ferme et à une confiscation de 15 000 euros. Les deux autres prévenus ont été acquittés faute de preuves.