Deux entreprises liégeoises, Comet et Eloy Water, s’allient aux chercheurs de Certech et de l’Université de Liège pour donner le coup d’envoi du projet industriel innovant "Pur4Up". Lequel vise à créer une nouvelle filière de valorisation des plastiques recyclés, via leur intégration lors de la fabrication de stations d’épuration de dernière génération.

Il faut savoir que la consommation de plastiques est croissante alors que leur recyclage est toujours balbutiant. À l’heure actuelle, seuls 10 % des plastiques sont produits à partir de matières recyclées. Or la production primaire génère 400 millions de tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an. Et d’ici 2050, elle devrait augmenter de 15 %.

Une piste consiste à augmenter la part de plastique recyclé dans l’industrie par rapport au plastique vierge. Pour cela, il faut atteindre des standards de qualité suffisants et convaincre les fabricants d’intégrer ces plastiques dans leurs lignes de production.

C’est cet objectif ambitieux qui réunit Comet Traitements, Eloy Water, le centre de recherche agréé Certech et l’Université, avec l’appui conjoint des pôles de compétitivité wallons Mecatech et Greenwin.

Une unité pilote

"Le groupe Comet, de par ses activités de recyclage, se situe à la source des plastiques à revaloriser, qu’il s’agisse de véhicules hors d’usage ou de déchets d’équipements électriques et électroniques", explique son administrateur-délégué. Une unité pilote industrielle spécifique produira des plastiques recyclés voulus de haute pureté (au-delà de 98 %), et ce afin de pouvoir répondre aux standards européens.

Les acteurs du projet souhaitent enrayer le phénomène de "downcycling" qui entraîne inexorablement les matériaux recyclés vers la fabrication de produits à plus faible valeur.

Le marché des stations d’épuration, en particulier les unités individuelles, s’est considérablement développé ces dernières années en utilisant des composants plastiques. La nouvelle ligne de production d’un des leaders du marché, la société Eloy Water de Sprimont, a été jugée idéale pour accueillir le projet.

"Nous souhaitons repousser les limites technologiques du rotomoulage des cuves, une technique encore très fermée à ce jour à l’usage du recyclé, contrairement à l’injection, une technique utilisée pour les plus petites pièces", souligne son administrateur-délégué.

L’Université de Liège fournira quant à elle un outil de caractérisation quantitative des mélanges de plastiques broyés. Elle participera aussi à l’adaptation d’un système de tri intelligent des plastiques. Certech mènera de son côté une mission d’optimisation de formulation et de caractérisation des matières. Il participera à l’élaboration de fiches techniques, vues comme des passeports indispensables.

"Pur4UP" sera suivi de près par des groupes industriels tels que Bosch/Siemens ou encore le centre de recherche du Groupe Fiat. Le budget est de 6,4 millions d’euros, répartis entre la Wallonie (3,7) et le secteur privé (2,7). Plus de 57 emplois seront en outre créés par les deux partenaires.