Depuis plusieurs années, l’ASBL Les Amis du château Féodal de Moha œuvre à la sauvegarde, à la valorisation et à la compréhension des vestiges du château, classé comme monument et site.

En vue d’un futur projet d’aménagement, la zone dite du donjon, située entre le chemin d’accès et la cour haute, a fait l’objet de fouilles archéologiques. Cette intervention visait, d’une part, à mettre en évidence les niveaux de circulation de l’époque médiévale et d’autre part, à dater les structures en présence.

Les résultats obtenus ont largement dépassé les attentes des archéologues, puisque les fouilles ont permis de mettre au jour un mur de fortification construit entre la fin du 10e siècle et le milieu du 11e siècle. Cette structure, qui est à ce jour la plus ancienne découverte au château, avait été édifiée au sommet d’une pente, sur un solide radier de fondation.

En contrebas, se trouvait un dépotoir qui comprenait les déchets jetés au-delà des murs par les occupants. On y trouve des restes de foyers - charbon de bois et cendres -, de nombreux os d’animaux présentant des traces liées à leur consommation, des centaines de fragments de céramique et quelques objets. Le tout forme un ensemble exceptionnel daté de la 1re moitié du 11e siècle. C’est précisément à cette période que, pour la première fois, les écrits officiels font mention d’un comte à Moha. La céramique mise au jour durant les fouilles, tant par ses formes que par les techniques utilisées pour la confectionner, témoigne du haut degré de richesse atteint par le seigneur du lieu. Plus tard, le mur est détruit et la zone partiellement remblayée.

Prise du château

Enfin, l’autre apport important de la fouille concerne le second mur de fortification, dont la construction put être datée du 14e siècle. Cette découverte confirme les écrits du chanoine Jean de Hocsem, qui rapporte dans sa chronique qu’Adolphe de la Marck, Prince-Evêque de Liège de 1313 à 1344, fit fortifier le château dès 1315, suite aux révoltes des milices hutoises et liégeoises. Des aménagements qui n’empêcheront toutefois pas la prise du château par la ruse et sa destruction le 6 mai 1376.