Les mesures sismiques de la station géophysique de Membach (Baelen), entre les barrages d’Eupen et de la Gileppe, ont montré des augmentations brutales des vibrations sismiques l’après-midi et la soirée du 14 juillet 2021, qui fut le triste théâtre de précipitations et d’inondations qui firent 39 morts en Belgique, selon un article publié dans le journal Earth’s Future de l’Union américaine de Géophysique AGU.

Ce phénomène est lié à des variations du débit de la Vesdre, dont les flots turbulents, charriant de nombreux déchets, brisant des infrastructures, ont causé des vibrations captées par les sismomètres. Un des accroissements soudains du bruit sismique, à 2 h 15 le 15 juillet, coïncide avec le témoignage faisant état à 2 h 30 d’un "tsunami" à Béthane, 3 km en aval de la station géophysique, souligne un des auteurs de l’étude citée par l’article, Michel Van Camp, de l’Observatoire royal de Belgique.

Ces mesures de la station géophysique de Membach apportent un nouveau regard sur les inondations catastrophiques de juillet. Cette station, qui se trouve le long de la Vesdre, dans l’est de la Belgique, fait partie des réseaux sismique et gravimétrique de l’Observatoire royal de Belgique.

La gravimétrie, permettant de mesurer l’attraction gravitationnelle des eaux souterraines et d’en connaître leurs masses, a indiqué que le sol était déjà complètement saturé d’eau l’après-midi du 14 juillet.

Depuis 1991

Ainsi, à l’arrivée de nouvelles pluies en début de soirée, le sol n’a plus pu absorber les nouvelles précipitations. Ceci a induit une augmentation accélérée du ruissellement en surface, provoquant une inondation soudaine, dévastatrice et mortelle. En plus de souligner l’importance de mesures géophysiques continues pour l’étude d’événements météorologiques, cette étude démontre combien les systèmes de mesures gravimétriques et sismiques peuvent contribuer à la compréhension des événements extrêmes.

Le 14 juillet 2021, des précipitations records ont été enregistrées en Belgique et dans l’ouest de l’Allemagne. "Un système de basse pression se déplaçant lentement a traversé l’Europe, attirant l’air humide d’une mer Baltique inhabituellement chaude", expliquait alors le service Copernicus de l’UE pour le changement climatique.

Le débit fluvial de certaines parties des bassins-versants de la Meuse et du Rhin avait alors été estimé comme étant le plus élevé enregistré depuis 1991, selon le rapport de Copernicus.