Les autorités ne disposent plus suffisamment de bracelets électroniques.

Deux avocats liégeois ont réussi à faire sortir leur client de prison en faisant pression sur l’État belge. Alors que la juge d’instruction avait décidé qu’il poursuivrait sa détention préventive à domicile sous la surveillance d’un bracelet électronique, les autorités n’en ont plus assez ! "L’État belge ignore la problématique des établissements pénitentiaires alors que la surpopulation ne permet pas qu’un confinement y soit appliqué", indique Me Nathan Mallants, qui défend le suspect aux côtés de Me Sibylle Gioe.

En octobre 2018, alors qu’il avait 16 ans, leur client a sauté du 4e étage du palais de justice de Liège ! Depuis, le jeune homme était en détention préventive, soupçonné de vols de voitures par effraction.

À la suite des mesures de confinement, de nombreux détenus ont été renvoyés chez eux sous la surveillance d’un bracelet électronique.

"Les juridictions d’instruction ont ordonné le placement sous bracelet électronique des détenus présentant un moindre risque de récidive ou de fuite. Mais l’État belge ne respecte pas ces décisions car il n’y a plus de bracelets disponibles !"

Une situation incroyable alors que la surpopulation carcérale engendre un risque accru de propagation du virus. "Une nouvelle commande est impossible à brève échéance car elle doit être réalisée via un marché public. Nous avons donc cité l’État afin qu’il respecte les droits fondamentaux des détenus mais aussi les recommandations de l’OMS. Comme par miracle, mon client a été placé sous bracelet 20 minutes avant l’audience", poursuit l’avocat, qui demandait la condamnation de l’État à 1 000 € par jour.