Pas de discours du 1er mai, l'an dernier, dans le parc d'Avroy à Liège! On ne s'imaginait pas, pour le suivant, que nos vies seraient toujours chamboulées par ce satané coronavirus... La fédération liégeoise du PS s'est donc adaptée aux mesures sanitaires en vigueur en cette journée de fête du travail. Ce fut un 1er mai bien différent des années précédentes... Les habituels rassemblements festifs de militants, comme on a pu le voir sur des photos diffusées tout au long de la semaine sur les réseaux sociaux, ont ainsi fait place à une série de chaises rouges réparties face au kiosque de manière à accueillir, de façon statique, les membres du comité fédéral nouvellement installé. Et afin de respecter les règles Covid-19, le rendez-vous a été limité à une cinquantaine de membres ayant voix délibérative. Leur installation s'est déroulée en musique, histoire de marquer son soutien envers un secteur " qui en a bien besoin".

Sans grande surprise, la pandémie, les mesures et restrictions imposées en vue de la combattre ainsi que les nombreuses difficultés qu'elle a générées et génère encore aujourd'hui ont été au centre des discours de la ministre wallonne de la Santé, Christie Morreale, et du président de la fédération liégeoise du PS, Frédéric Daerden. Mais avant de les entendre, la parole a été donnée à une étudiante en art dramatique, qui entendait attirer l'attention sur la situation de la culture et de la jeunesse, tous deux en souffrance. "Les étudiants n'ont pas attendu la crise pour être précaires... La plupart ont un petit boulot pour payer leurs études, souvent dans l'Horeca, et désormais, ils ne l'ont plus. Sur les 350 étudiants que compte mon établissement, ils sont 80 à faire la file deux fois par mois pour bénéficier de la distribution gratuite de produits de première nécessité. Nous avions demandé l'aide urgente mais nous craignons qu'ils en aient encore besoin un moment...", a confié Audrey, qui n'a pas manqué d'épingler les craintes des étudiants dans le milieu culturel, où ça bouchonne littéralement entre la programmation d'artistes/de spectacles et le report de ceux qui ont dû l'être... "La réouverture, même si elle est imminente, ne réparera pas les dégâts qui nous sont infligés... Nous sommes une population qui ne trouvera pas sa place", a-t-elle tristement conclu.

En guise d'introduction, la ministre Morreale n'a pas mâché ses mots... "Il y a un an que c'est le bordel et que le monde a basculé", a-t-elle lancé. Et s'il est un fait que le monde dans lequel on vit actuellement n'est pas celui auquel on aspire, "se protéger, se barricader, s'isoler est la seule solution pour éviter que la situation n'empire"... Elle a ainsi évoqué les 22 000 décès liés au Covid-19 en Belgique, les 22 000 familles endeuillées qui n'ont pu dire adieu à leur être cher comme elles l'auraient souhaité, le personnel soignant qui "a vécu l'enfer", toutes ces personnes qui sont allées travailler la peur au ventre, les scientifiques qui "se sont décarcassés pour trouver un vaccin contre ce foutu virus"...

Si elle ne s'est pas attardée sur la vaccination, qui n'est, faut-il le dire, pas un modèle de réussite vu les nombreux couacs rencontrés, elle a tout de même épinglé les différences que l'on peut constater au niveau des pourcentages de citoyens vaccinés selon qu'il s'agisse d'une commune où règne une certaine précarité ou non. Elle a ainsi appelé les élus, les militants à aller à la rencontre de la population afin d'expliquer et convaincre... "Les personnes plus précarisées ne doivent pas être doublement discriminées", a-t-elle déclaré.

Quant à Frédéric Daerden, qui s'exprimait pour la première fois un 1er mai en tant que président de la fédération liégeoise du PS, il a d'abord remercié les militants pour leur confiance et leur mobilisation manifestées lors du renouvellement des instances. Une fédération renouvelée, donc, avec un nouveau secrétaire fédéral (Vincent Bonhomme) qui remplacera ainsi Marc Sombreffe et prendra ses fonctions dès le mois de juillet ainsi qu'un "nouveau siège emblématique pour notre Fédé, au cœur de Liège, dont nous espérons finaliser l'acquisition dans les prochaines semaines".

En tant que nouveau président, aussi, il ne pouvait passer sous silence "les dérives managériales chez Nethys" qui "ont injustement abîmé l’image de toute notre métropole et meurtri les Liégeois". Et d'insister sur la nécessité d'impulser une dynamique de relance: "j'ai pris l’initiative, avec d'autres, de recréer à Liège une plate-forme stratégique des forces vives politiques en y intégrant des acteurs du développement économique et les partenaires sociaux. Il faut rassembler et redonner confiance. Les défis ne manquent pas, que ce soit pour réhabiliter les friches d'Arcelor, mettre en œuvre le plan de relance européen avec notamment l’extension du tram ou encore contribuer au rebond de la Wallonie avec Get up Wallonia".

Comme il ne pouvait ne pas aborder cette crise que nous traversons et qui fragilise à bien des égards... Il a ainsi évoqué celles et ceux, dans différents secteurs, exposés en première ligne et qui affrontent l’angoisse au quotidien, la difficulté des policiers d'assurer la tranquillité publique dans un contexte tendu, tous ces secteurs et métiers qui ont été qualifiés, "selon une expression malheureuse", de non essentiels, la jeunesse "dont la précarité s'accentue et pour qui l'enseignement à distance creuse les inégalités", le besoin de libérer la culture qui, même sur base de protocoles stricts, contribuera à "guérir les plaies psychologiques de la pandémie"...

C'est sur une note d'espoir qu'il a clôturé son discours... "L'espoir de retrouver enfin le chemin de la convivialité, des spectacles, de la proximité sociale. L’espoir aussi pour Liège d’écrire une nouvelle page de son histoire, tournée vers l’avenir avec une fierté retrouvée".