Qui dit 1er mai, dit les traditionnels discours politiques. Un 1er mai redouté par les autorités en raison de la crise sanitaire et des risques d'émeutes comme celle que Liège a connu il y a plusieurs semaines. Un important dispositif policier (hommes, motards, cavalerie..) était prévu un peu partout dans la ville, et en particulier place Saint-Paul où devait se tenir le discours du PTB dès 10h, suivi du discours de la FGTB, dès 11h30. D'autant qu'au même moment, place Saint-Lambert, alors qu'elle avait été interdite par le bourgmestre, une manifestation du mouvement d'extrême-droite Nation, s'est tout de même déroulée, avec une vingtaine de personnes, heureusement sans heurt. Plusieurs associations liégeoises, soutenues par la FGTB de Liège Huy Waremme, avaient annoncé la semaine dernière vouloir s'y réunir pour dénoncer ce rassemblement, mais ont suivi de leur côté les consignes dictées par le mayeur.

Une centaine de militants

Après une prise de parole du Parti communiste arguant les failles du capitalisme mises au jour par la pandémie et le profit que certains tentent d'en tirer, et celle d'une représente du Mouvement des étudiants travailleurs des arts en lutte (Metal) venue défendre les jeunes et le secteur culturel, ce fut au tour de Raoul Hedebouw, porte-parole national du PTB, de faire son discours devant un parterre d'une centaine de militants, tout de même, drapeaux à la main. Gel désinfectant à l'entrée de la place, masques et distanciation sociale d'1m50 étaient demandés (bien que difficilement respectée), dans le respect des mesures sanitaires.

Sur le ton de l'humour, mais forcené comme on lui connait, le Liégeois a placé son discours sur les négociations salariales, demandant le respect des travailleurs et travailleuses qui ont fait tourner la société avant et pendant la pandémie, "qui ont plus travaillé plus, et qui n'ont pas de compensation". Et de demander une augmentation salariale pour les travailleurs "de plus de 0,4 % !", tout en invitant les autres partis de gauche à soutenir la proposition de loi Goblet-Hedebouw.

Il a également insisté sur son combat pour bloquer les dividendes en cette situation de crise, "comme le prévoit l'article 14 de la loi 96". "Cela fait 25 ans qu'elle existe mais elle n'a jamais été appliquée".

Le porte-parole a également défendu le passage à la prépension à 58 ans ou encore de lever les brevets sur les vaccins "pour le bien de l'humanité". Il a également critiqué la gestion sanitaire du gouvernement "qui ferme toujours les mêmes vannes que sont l'Horeca et la culture, mais laisse les clusters courir dans plusieurs entreprises. Ce virus est un virus de classe !". Aussi, "nous disons NON à la loi pandémie qui est un hold-up anti-démocratique !".

Enfin, ce 1er mai était particulier, "voici 100 ans que le droit de grève existe, et la sécurité sociale !"

Le discours s'est terminé par le reprise en choeur de L'Internationale, poings levés, par l'ensemble des militants, avant une dispersion dans le calme, et le podium rapidement démonté.