Le parquet a requis trois peines pour un total de dix ans et un mois de prison ferme devant le tribunal correctionnel de Liège à l’encontre de Alan D, 43 ans, un ancien enquêteur à la police judiciaire spécialisé dans les faits de moeurs devenu expert psychologue auprès des tribunaux soupçonné d’avoir commis une vingtaine de viols sur des femmes qui sont persuadées d'avoir été droguées avant d'être violées tout en étant filmées à leur insu. 

L’homme devait également répondre d’avoir détenu des images pédo pornographiques, mais aussi du cannabis dans sa cave. Il a fait la connaissance de ces jeunes femmes soit dans le cadre de son travail ou sur des sites de rencontres. Elles ont expliqué qu’après avoir bu une boisson servie par l’intéressé, elles ont été victimes d’une perte de connaissance. Elles se sont réveillées vaseuses, avec un sentiment de mal-être et des douleurs. 

La dame qui a fait éclater l’affaire avait fait la connaissance du suspect sur un site de rencontres. Au troisième rendez-vous, Alan lui a proposé de venir chez lui. La dame ne s’est pas méfiée. Lors de ce rendez-vous, il lui a fait boire un cocktail. Après deux gorgées, elle a subitement été très malade. Elle s’est souvenue que l’homme l’avait ramenée chez elle dans un état second. Elle était tellement dans un état second qu’elle ne parvenait même pas à appuyer sur les boutons de l’ascenseur. Le lendemain, elle s’est réveillée toute habillée et avec toutes les lampes allumées. Elle n’a déposé plainte que quatre mois plus tard. C’est par sa plainte qui a fait exploser l’affaire. Elle a ensuite découvert qu'il l'avait filmée à son insu pendant des relations sexuelles. Lors de la première scène, lors de laquelle elle n'avait rien bu, on la verrait en train de refuser des pratiques sexuelles qu'elle aurait ensuite acceptées à la suite de l'ingestion d'un cocktail. 

Lors d'une perquisition au domicile du suspect, les enquêteurs ont retrouvé des dizaines de supports enregistrés aux prénoms des dames avec des sous-titres évocateurs comme “drug” ou encore “fuck”. Les jeunes filles ont découvert les faits lors de leurs auditions par la police. Lors du visionnage des images, elles n’ont pas reconnu leurs voix, mais encore moins les pratiques sexuelles qu’elles avaient eues. Elles ont expliqué que dans leur état normal, elles auraient refusé. Elles ont expliqué s’être sentie dans un état anormal et ne plus réussir à lui résister avant de perdre connaissance. Le parquet a souligné l’extrême gravité des faits. Ces victimes ont eu une confiance aveugle en cet homme notamment de para profession. Le Ministère public a également souligné le nombre important de victimes et l’absence de regrets dans le chef du suspect. La Défense doit encore plaider pour le prévenu qui nie la plupart des préventions mises à sa charge.