Nils Heldenbergh réussit tout ce qu’il entreprend. En fera-t-il autant aux championnats du monde ?

C’est à Bombay, en Inde, qu’auront lieu les prochains championnats du monde d’échecs de la jeunesse, du 1er au 14 octobre. Pour Nils Heldenbergh, il n’est jamais question d’échec, si ce n’est au pluriel. Pas le moindre. Depuis son plus jeune âge, il déplace les pions avec dextérité et réussit bon nombre de ses coups. Après avoir conquis le titre de champion de Belgique de moins de 14 ans, le jeune joueur aura la chance de participer à ces fameux championnats du monde. Le graal pour les jeunes joueurs. "C’est une expérience unique pour moi qui n’ai jamais quitté l’Europe", dit le talentueux Nils.

Talentueux dans son activité phare mais pas seulement : Nils est doué en sport et à l’école. "Je fais de l’escalade et de la natation pour le plaisir mais je joue entre 15 et 25 heures par semaine aux échecs. À l’école, j’adore bien évidemment les maths. J’ai même sauté une année."

Le 30 septembre, c’est dans l’avion qu’il sautera pour rejoindre l’Asie. Un voyage qui durera 16 heures. Pour l’accompagner, Cémil Guilbas, un maître international de ce sport mental. "Il m’accompagne dans la préparation. Mes parents ne viennent pas car ce voyage a un certain coût."

Un coût et pas des moindres. Aussi difficiles soient-ils, les échecs ne sont pas reconnus comme un sport. "Nous devons tout financer nous-mêmes. La fédération aide un petit peu mais nous devons aussi payer le voyage de son coach. En tout, cela nous revient à environ 2 800 euros", explique Pierre, son papa, qui est également l’administrateur-délégué des Grignoux.

Si la fédération aide très peu, la famille espère engranger des fonds autrement. Une balade à vélo sera organisée. "La condition physique, c’est très important, même lorsqu’on joue aux échecs", rappelle Nils. Une promenade assez originale puisqu’elle permettra de rejoindre… Bombaye, près de Visé, au départ de Liège. "Elle aura lieu le 14 septembre. Le parcours est de plus ou moins 40 km et deux trajets sont possibles : un plus léger, un autre plus sportif. Le but est que chacun trouve des parrains et rapporte entre 10 et 50 centimes par kilomètre. Si nous obtenons 600 ou 700 euros, nous serons contents."

Une seule certitude à l’heure actuelle : Nils partira en Inde et espère pouvoir prononcer le plus souvent possible "échec et mat". Une diffusion des matchs en direct est également prévue sur Internet, où il sera possible de voir les pions bouger au fur et à mesure.

Matthias Sintzen