Dimanche 9 août, 75 caravanes se sont installées sans autorisation sur le territoire communal d’Esneux, à la Rosière, à l’entrée de la boucle de l’Ourthe, sur des terrains du CPAS de Liège et mis en location à un fermier de la commune. Vendredi, les caravanes étaient toujours présentes malgré l’arrêté, pris lundi par la bourgmestre, leur donnant 48 heures pour quitter les lieux. Questionnée sur ses intentions, la bourgmestre Laura Iker (MR) nous avait fait part de sa volonté de faire appel à la police fédérale pour les expulser "le plus tôt possible".

Ce lundi soir, elle s'est exprimée sur sa page Facebook, annonçant qu'après analyse de l'important déploiement nécessaire, qui ne pourrait "se faire que minimum deux jours avant leur départ (confirmé) qui est prévu le 23 août à 13 heures", la bourgmestre a décidé de ne pas (plus) faire appel à la police fédérale pour les expulser.

Avec les seuls policiers de la zone Secova, en nombre insuffisant, la bourgmestre avait demandé le renfort de la police fédérale pour faire expulser les caravanes installées illégalement sur le territoire communal. "Cela nécessitait une analyse complète des renforts nécessaires pour procéder à une évacuation du camp dans des conditions 'acceptables'", explique-t-elle. En résumé, cette analyse envisage les aspects "personnel", "moyens logistiques" et "l’infrastructure".

Ainsi, selon l'analyse effectuée par la police: "il est clair qu’avec une opposition des gens du voyage, cette opération prendra de nombreuses heures et cela pourrait impliquer des moyens supplémentaires à ceux envisagés s’il faut maintenir une présence sur place de plus d’une journée (pour éviter qu'ils ne reviennent). Il faut également prendre en compte l’évacuation du camp, l’escorte au-delà des limites de la commune et la gestion des contre-manifestants".
Pour ce qui est des moyens logistiques, "il faut également prévoir des dépanneuses, et un APC, c'est-à-dire un petit blindé pouvant réduire d’éventuelles barricades", est-il précisé. En ce qui concerne la nécessité en personnel, l'analyse l'estime à 6 pelotons (1 peloton équivaut à une trentaine de policiers), plus un-demi en Hycap B, c’est-à-dire équipés en tenue de protection, ajouté de 2 pelotons en Hycap A (tenue ordinaire), avec en outre une trentaine de personnes pour tenir le poste de commandement, constater les infractions, diriger sur le terrain, sans oublier l’arroseuse et l’hélicoptère. "Soit environ 300 policiers par pause si cela s’étaler dans le temps".
L'analyse se termine en précisant qu'en toutes circonstances, "ces moyens ne pourront être développés qu'après le 20 août, compte tenu notamment de l'engagement dans d’autres évènements et du délai de 96 heures prévu pour l’engagement planifié de moyens de cette ampleur".

"Dans la mesure où il a été confirmé que leur départ est prévu le 23 août et qu’ils ont effectivement fait venir un container pour les déchets, j’ai décidé de ne pas demander un tel déploiement pour une intervention qui ne pourrait, en toutes circonstances, se faire que minimum 2 jours avant leur départ qui est prévu le 23 à 13h !", conclut la bourgmestre, tout en regrettant le manque de réactivité de la police "et la perte de crédibilité envers les institutions qui en découlent". La décision a été avalisée par le collège ce lundi.