L’ASBL Benoît et Michel réclame un bâtiment où loger les SDF.

En juillet dernier, nous vous parlions de Benoît et Michel (ASBL Benoît et Michel), deux anciens SDF qui ont connu la rue et qui viennent en aide à des personnes sans domicile dans l’espoir qu’elles aussi puissent s’en sortir. " Mais c’est difficile ", confie Benoît. " Je ne critique pas les assistants sociaux, qui croulent sous les demandes, mais on ne peut pas laisser des gens à la rue, d’autant plus que l’hiver approche ."

D’où l’action qu’ils ont menée dimanche rue Rennequin Sualem, face à un bâtiment désormais inoccupé depuis la mise en fonction de la nouvelle maison de repos le long des quais. "Rien que sur Jemeppe, nous dénombrons trente et un SDF. Bien sûr, ce sont ceux que nous connaissons et auxquels nous rendons visite pour leur apporter de quoi manger et se vêtir. Ce chiffre a explosé en peu de temps ", poursuit Benoît.

Et à côté de ces SDF, qui, pour certains, sont dans cette situation depuis un certain temps, l’ASBL est de plus en plus sollicitée par des personnes qui, du jour au lendemain, rencontrent des difficultés… " Sur une semaine, nous avons eu une dame et sa fille de 12 ans qui seront à la rue le 31 octobre, un monsieur de 39 ans qui vit dans une cabane au fond d’un jardin, un jeune papa de 24 ans qui dort dans sa voiture et qui n’a plus ses petites filles avec lui, ainsi qu’une jeune fille qui a été mise à la porte par son compagnon. Les gens se retrouvent sans ressources et ne savent pas quoi faire, c’est de pire en pire ", constate Benoît.

Ils étaient une quinzaine dimanche devant l’ancienne maison de repos. Des citoyens mais aussi un commerçant, car, comme à Liège, le sans-abrisme apporte son lot de nuisances au commerce local… Ils entendaient dénoncer le fait que des bâtiments sont vides, comme celui-ci, alors que des gens dorment dans la rue…

" Si on laisse les gens trop longtemps dans la rue, ils finissent par tomber dans la drogue et, à ce moment-là, la situation est très difficile à récupérer. Nous demandons aux autorités qu’un bâtiment soit mis à disposition, même avec un loyer, afin que ces personnes soient au chaud et qu’on puisse plus facilement les encadrer. "

Benoît et Michel doivent rencontrer prochainement le bourgmestre de Seraing. Ils espèrent vivement une avancée…