Les avocats des parties civiles ont plaidé devant le tribunal spécialement composé dans l’affaire de l’explosion de Liège. 

Les plaideurs ont estimé que les prévenus devaient être déclarés coupables. Me Spadazzi s’est dite atterrée par la défense des prévenus. L’avocate a rejeté la prescription et le dépassement du délai raisonnable en estimant que les prévenus eux-mêmes étaient responsables de l’allongement des délais. 

"La défense soulève la disparition de pièces. Le juge d’instruction a proposé d’organiser une visite à l’endroit où se trouvaient les pièces à conviction, il n’y avait pratiquement personne. On joue la montre, on joue le chrono." 

Elle a estimé que les prévenus s’étaient rendus coupables de " négligences coupables très graves." Elle a tenu aussi à préciser que c’est le service prévention et non intervention qui est visé. "Mes clients veulent rendre hommage aux pompiers qui sont intervenus lors des faits. Ils sont allés au delà de ce qu’un humain peut faire.

Me Botteman a plaidé que contrairement à ce qui était déclaré devant le tribunal, les personnes travaillant à la ville avaient déclaré que le propriétaire n’avait pas mis en ordre son logement, notamment au niveau du gaz. "Il s’agit de négligences fautives.

Me Molders Pierre a estimé que le numéro 18 était "une bombe à retardement connue de tous depuis au moins début 2008. Le propriétaire ne s’est pas mis en ordre. Cet immeuble était déjà dans les radars de tous les services concernés." 

Me Molders Pierre a estimé que les trois prévenus se serraient les coudes pour s’en sortir. "C’est l’accumulation des fautes de chaque prévenu qui a amené à ce drame et sans ces fautes, le drame ne serait pas intervenu comme il est intervenu.

L'avocat a évoqué Nathalie Henrion, sa cliente, décédée d’un cancer il y a peu. "Elle culpabilisait d’être la seule survivante surtout par rapport à son compagnon. Elle se consumait de l’intérieur. Elle a eu un cancer du sein peu de temps après les faits. La longueur de la procédure a été insupportable. Elle a essayé de refaire sa vie. On a espéré qu’il y avait une rémission du cancer. Nous lui avons écrit pour informer d’une nouvelle remise. Il nous est revenu que quand elle a lu, elle a eu un effondrement psychologique complet et il y a eu un retour fulgurant du cancer elle en est morte. Ce n’est 14 morts qu’il y a eu dans ce drame, pas 15 !" Le tribunal poursuit les plaidoiries des avocats des parties civiles.