Ce jeudi, les avocats des quatre prévenus ont plaidé leur acquittement devant la chambre à trois juges qui examine l’explosion qui s’est déroulée à Liège en 2010. Pour rappel, dans la nuit du 26 au 27 janvier, une explosion qui s’est déroulée au numéro 18 de la rue Léopold a provoqué la mort de 14 personnes et 19 blessés. Me Sandra Berbutto a plaidé l’acquittement de l’agent technique qui a été chargé d’inspecter cet immeuble. 

Le 4 février 2019, le propriétaire de l’immeuble a écopé de 9 mois de prison et 22.000 euros d’amende avec sursis pour avoir loué un bien qui présentait des problèmes d’électricité, eau, chauffage, stabilité, humidité, infestations de rongeurs et des problèmes de gaz. L’agent technique du Service de Sécurité et de Salubrité Publique (SSSP) de la Ville de Liège est soupçonné d'avoir fait preuve de négligence. 

Me Sandra Berbuto a plaidé l’acquittement, la prescription, l’irrecevabilité des poursuites, mais aussi le dépassement du délai raisonnable. "Il n'était pas de son ressort de demander qu'un organisme agréé vienne vérifier les installations de gaz. Il a visité plusieurs fois le numéro 18 de la rue Léopold, a exigé que des travaux soient effectués et a constaté qu'ils avaient été bien réalisés." Me Eric Lemmens, qui défend la cheffe de la cellule technique du SSSP a également plaidé l’acquittement de sa cliente. Il a tout d’abord estimé que l’agent technique n’avait commis aucune faute et avait suivi la procédure. "Ma cliente ne pouvait pas avoir conscience qu'un accident était susceptible de se produire, il n'y a pas eu le moindre signal d'alarme fût-il ténu", a plaidé Me Lemmens. 

L’avocate du propriétaire et la défense de l'intercommunale d'incendie de Liège et des environs (IILE) ont également plaidé l’acquittement. Me Franck a estimé que son client avait réalisé tous les travaux demandés par les services de la ville et que la simple absence d'un certificat de conformité des installations de gaz ne suffisait pas à établir sa responsabilité dans les faits. Elle a rappelé tous les travaux effectués par son client, notamment en 1995, des travaux pour raccorder les 4e et 5e étages en gaz. 

Pour rappel, ces travaux ont été réalisés par une personne dont le propriétaire n’a jamais été en mesure de donner le nom. Selon l’avocate, lors de la mise en service, l’installation a été reliée aux compteurs, ce démontre qu’elle a dû être vérifiée par l'Association liégeoise du gaz, qu’il s’appelle depuis Resa. Pour Me Franck, son client avait réalisé tous les travaux demandés et son dossier avait été "classé.

C’est en 1998, lors de l’installation d’un snack au rez-de-chaussée que le faux-plafond dans lequel le gaz se serait accumulé, a été l’objet de travaux. " A ce moment-là, le faux plafond est entièrement refait", a plaidé l’avocate. "Un contrôle de conformité et d'étanchéité des installations de gaz est effectué et un certificat de conformité est délivré". En 2000, le snack a été fermé. "On a une intervention de l'ALG qui ferme les compteurs". L’avocate a rappelé que l’agent technique du Service de Salubrité et de Sécurité Publique de la ville de Liège a déclaré devant le tribunal que son client s’était montré "réceptif et coopérant." 

L’agent l’aurait assuré que tout était en ordre tandis que les pompiers n’auraient plus donné de nouvelles. Son client aurait donc tout naturellement cru que les choses étaient en ordre. La défense a plaidé l’acquittement, mais aussi le dépassement du délai raisonnable pour être jugé. Me Bourtembourg a également plaidé l’acquittement ou la suspension du prononcé pour l'intercommunale d'incendie de Liège et des environs (IILE). Le tribunal prononcera son jugement le 15 octobre prochain.