Le tribunal à trois juges spécialement mis en place pour examiner l'affaire de l’explosion de Liège qui a coûté la vie à 14 personnes a réalisé l’audition des trois prévenus. 

Pour rappel, dans la nuit du 26 au 27 janvier 2010, une explosion a touché le numéro 18 de la rue Léopold à Liège. Quelques heures plus tard, cet immeuble s’est écroulé avec le numéro 20. 

Quatorze personnes ont perdu la vie et vingt personnes ont été blessées lors de ces faits. Le propriétaire de l’immeuble numéro 18 a été entendu par le tribunal. Le 4 février 2019, l’homme a été condamné à 9 mois de prison et 22 000 euros d’amende avec sursis pour avoir loué cet immeuble, un "bien contraire à la dignité humaine". 

Lors de cette enquête, des locataires, mais aussi des contrôleurs de la ville ont relevé des problèmes d’électricité, eau, chauffage, stabilité, humidité, infestations de rongeurs et des problèmes de gaz… L’homme a fait réaliser une installation de gaz par une personne dont il n’a jamais donné le nom et qui n'était pas habilitée à réaliser ce genre de travail.

Le propriétaire ne se sent pas responsable du drame. "Pour moi, c’était en règle", a-t-il déclaré. Il a démenti les conclusions des experts concernant son installation de chauffage. Il a confirmé qu'il avait senti une odeur de gaz dans l’immeuble le 23 janvier 2010, soit quelques jours avant l’explosion. "Les services du gaz sont venus, on était rassurés."

Le tribunal a ensuite entendu un agent technique du Service de la Sécurité et de la Salubrité Publiques (SSSP) de la ville de Liège. Il a réalisé de nombreuses visites de l’immeuble et a demandé au propriétaire d’effectuer des travaux. Il a estimé que le propriétaire avait effectué les travaux qui lui avaient été demandés. Il est convaincu d’avoir correctement fait son travail. Le 16 janvier 2009, il a menacé le propriétaire d'un arrêté d’inhabilité. "Les personnes qui ont travaillé à remettre l’électricité en ordre avaient enlevé un linteau de porte. La stabilité de l’immeuble était en cause. Il ne s’agissait pas d’un problème de gaz." 

 Il s’est dit convaincu que son travail n’était pas intervenu dans les faits. "Je suis convaincu d'une chose, Madame", a-t-il dit en s'adressant à la présidente, "je suis convaincu que mon travail n'est pas lié à l'explosion et que j'ai fait mon travail correctement"

Sa supérieure hiérarchique a confirmé ses dires.  "Je lisais 3 000 dossiers par an", a-t-elle précisé avant d’estimer que son collègue avait correctement réalisé son travail. Le tribunal va entendre le début des plaidoiries des parties civiles.