Elles ont enfoncé le clou posé hier/mardi: les quatre prévenus sont responsables de la catastrophe qui a coûté la vie à 14 personnes et en a blessé 19 autres. "La tragédie aurait pu et aurait dû être évitée", a assené une avocate. Quatre prévenus comparaissent depuis lundi: le propriétaire de l'immeuble du numéro 18 qui a explosé, un agent technique et sa supérieure directe au sein du Service de sécurité et de la salubrité publique (SSSP) de la Ville de Liège et le service prévention des pompiers.

Les parties civiles ont rappelé que Mehmet C., le propriétaire, avait été condamné en février 2019 comme marchand de sommeil et pour avoir tiré profit de la situation de vulnérabilité de ses locataires, tous allocataires sociaux. Pour les parties civiles, il n'en faut pas plus: c'est bien la preuve que le prévenu agissait pour gagner le plus d'argent possible, en en faisant le moins possible, quitte à mettre en danger la sécurité des autres. "Y a-t-il un comportement humain plus infamant qu'un marchand de sommeil?", a lancé un avocat.

L'agent technique du SSSP a affirmé mardi matin que le propriétaire avait remis son bâtiment en ordre et que ses installations, de gaz notamment, avaient été remises en conformité. Il a répété plusieurs fois qu'il n'avait commis aucune négligence et qu'il n'aurait pas pu se rendre compte de l'éventuelle dangerosité du bâtiment, n'ayant pas le droit de fouiller complètement l'immeuble et ne pouvant se baser que sur ce qu'il voyait. Les parties civiles lui ont rétorqué qu'un inspecteur d'une compagnie d'assurances avait visité le numéro 18 dans le cadre d'une demande d'assurances de Mehmet C. "En 30 minutes, il s'est rendu compte que l'immeuble représentait un danger", ont avancé les parties civiles. L'inspecteur rendra d'ailleurs un avis négatif.

Pour les parties civiles, la tragédie aurait dû être évitée. Si le propriétaire avait mis en conformité ses installations. Si le SSSP et l'intercommunale d'incendie de Liège et des environs (IILE) avaient suivi correctement le dossier alors que des manquements qualifiés de graves avaient déjà été détectés deux ans avant l'explosion. Un contrôle de l'étanchéité des installations de gaz avait été requis. Il n'a jamais été effectué.

"Nous sommes convaincues que les prévenus n'ont pas voulu ce qu'il s'est passé mais ce n'est pas la faute à pas de chance", ont-elles répété.