Fabrice Casse, un Verviétois de 28 ans accusé d’avoir commis les assassinats de Françoise Donckers et de la fille de celle-ci, Mya Huberty, a affirmé lundi lors de son interrogatoire devant la cour d’assises de Liège qu’il a été emporté par la haine. L’accusé a soutenu ne plus se souvenir du nombre de coups portés et a prétendu qu’il n’était pas lui-même lors de cette scène. Les faits s’étaient déroulés le 26 août 2020 à Spa. Françoise Donckers, âgée de 40 ans, avait été tuée de plusieurs coups de couteau. Sa fille âgée de 12 ans, Mya Huberty, avait également été tuée de plusieurs coups de couteau.

Lors de son interrogatoire par le président Michel Charpentier, Fabrice Casse a détaillé les différentes étapes de sa vie. L’accusé a cinq frères et sœurs. Il ne porte pas le nom de son père biologique mais celui d’un des compagnons de sa mère. Après une opération des oreilles lorsqu’il était jeune, il a conservé des séquelles qui se manifestent notamment sur le plan de la diction. Fabrice Casse affirme avoir souffert de difficultés d’apprentissage et de compréhension lors de sa scolarité en établissement spécialisé.

L’accusé a tenté différents plans d’insertion pour obtenir du travail, sans réel succès. Il a aussi fait différentes tentatives de suicide, alors qu’il se sentait rejeté par sa mère. Sur le plan affectif, Fabrice Casse a connu différentes femmes sur des sites de rencontres mais ses liaisons ne se sont pas éternisées.

Fabrice Casse se décrit comme un homme qui a bon cœur et qui est un peu jaloux. Il vit chez sa mère en solitaire et a peu d’amis. Il passait ses journées dans sa chambre, où il mangeait et jouait avec sa console de jeux.

Fabrice Casse a précisé avoir rencontré Françoise Donckers lors d’une formation à Verviers. Elle émargeait, comme lui, au CPAS et vivait à Spa avec sa fille. Fabrice Casse prenait le train pour lui rendre visite et séjournait parfois plusieurs jours chez elle. L’accusé reconnaît plusieurs disputes, lors desquelles il a utilisé un langage méchant et vulgaire. Leur relation a connu des hauts et des bas.

L’accusé a précisé qu’il était chez lui le 26 août 2020 et communiquait par webcam avec Françoise Donckers. Ils se sont disputés et il a ensuite décidé de se rendre chez elle à Spa. "J’ai senti qu’elle ne voulait plus de moi. J’ai voulu entrer par l’arrière de la maison. Je voulais lui dire que je l’aimais et la convaincre de ne pas me quitter. Mais elle ne voulait pas m’écouter. Elle m’a bousculé, insulté et rejeté. J’ai repensé à mon passé. Puis, j’ai fait quelque chose de grave", a indiqué l’accusé.

Fabrice Casse a alors pris un couteau pour frapper Françoise Donckers. "Je ne me suis pas rendu compte de ce que j’ai fait. Je n’étais plus la même personne. C’était mon corps mais pas mon esprit. J’ai eu la haine, j’ai pensé uniquement à ma douleur et à la souffrance de mon passé. Je pense avoir donné entre 10 et 15 coups de couteau dans le cou. Je voulais qu’elle comprenne que je l’aimais", a exposé l’accusé.

Mya Huberty se trouvait à l’extérieur de la maison lorsque Françoise Donckers a été frappée de coups de couteau. "Je l’ai fait rentrer, je l’ai rassurée. J’avais la trouille et je ne savais pas quoi faire. J’ai poignardé sa gorge. Je ne voulais pas la laisser vivante, car j’avais la haine et la colère. J’avais une force incroyable, en raison de cette haine et du sentiment d’avoir été rejeté toute ma vie", a précisé l’accusé.

Fabrice Casse a encore précisé qu’il ne se souvient pas avoir porté autant de coups de couteau aux deux victimes.

Les auditions des enquêteurs ont débuté ce lundi et se poursuivront dès mardi matin.