Les quelques personnes qui se sont rassemblées ce jeudi en début d'après-midi, face au CHU de Liège, disposent de qualifications dans le domaine des soins de santé. Elles aimeraient pouvoir apporter main-forte à ce secteur qui souffre d'autant plus actuellement en raison de la pandémie de Covid-19 mais elles ne peuvent espérer décrocher un emploi... Pourquoi? Simplement parce qu'il s'agit de personnes sans-papiers en Belgique.

"Ils et elles sont infirmiers, infirmières ou aides-soignant(e)s, vivent en Belgique depuis de nombreuses années et souhaitent travailler dans les soins de santé et ainsi prêter main-forte à un secteur qui en a plus que jamais besoin. Pourtant, faute de papiers, cela leur est interdit", dénonce la FGTB, à l'initiative de cette action.

Parmi eux, il y avait cet homme qui, durant la procédure de demande de régularisation en Belgique, a effectué une formation en logistique hospitalière. "J'ai même eu un travail mais le contrat a pris fin lorsque ma régularisation a été refusée. Je suis prêt à apporter mon aide, avec mes compétences, à une équipe hospitalière débordée mais je ne peux pas car je ne peux présenter de pièce d'identité. Il y a deux semaines, j'avais postulé pour un emploi d'assistant logistique mais on m'a contacté pour me dire que ma candidature ne pouvait pas être retenue", regrette-t-il.

Herman, lui, est médecin dans son pays d'origine (Congo). Il est en procédure de régularisation. "Nous sommes ici pour lancer un message au gouvernement fédéral, pour mettre en évidence le fait qu'il y a dans le pays des personnes ayant des compétences qui peuvent apporter leur aide à un secteur qui en a besoin", a-t-il déclaré.

Comme eux, Béatrice était présente pour demander aux autorités fédérales de leur permettre de mettre leurs compétences au service du secteur des soins de santé qui, plus que jamais, a besoin de personnel. "Je suis ici depuis 9 ans. Au pays, j'ai fait l'école d'infirmières. J'ai également suivi des formations et j'ai même travaillé durant la procédure de demande de régularisation", souligne-t-elle. Demande qui, depuis lors, a été refusée. "Je suis bloquée sans papier d'identité alors que je pourrais renforcer des équipes qui en ont besoin", déplore-t-elle.

Du côté du CHU de Liège, on s'est montré sensible à leur action. "Si ces personnes disposaient d'un titre de séjour, elles pourraient entrer dans une procédure de recrutement. Ces personnes présentent, en effet, un potentiel qui pourrait être bien utile sachant que nous avons besoin d'une centaine d'infirmiers/d'infirmières et que nous n'avons comblé que la moitié actuellement", a précisé Serge Hubert, directeur des ressources humaines au CHU de Liège.