François Chabot, propriétaire du terrain, le dit clairement: ce ne sera qu’une petite goutte d’eau… mais "cela me rend malade de laisser ça comme ça". Quoi ça? Dix hectares de carottes, impossibles à récupérer… François Chabot loue son terrain à un agriculteur qui y a planté des carottes mais qui ne sait simplement pas, d’un point de vue purement technique, les récolter. Alors? Autant les donner.

"Moi, je cultive des céréales, explique le Faimois François Chabot. Et je fais des tournantes avec les champs. En les louant à des agriculteurs qui y cultivent des petits pois, des pommes de terre, des carottes." Et là, il loue un de ces champs à un autre agriculteur qui espérait y récolter des carottes. Mais début décembre, tous ses stocks étaient déjà remplis. La pluie de ces derniers mois a au moins eu un effet positif: elle a permis de booster la production de carottes. "L’agriculteur a 50% de production en plus." Sauf que la pluie l’empêche de les récolter avec ses machines. "Les carottes, ça s’arrache par les feuilles. Mais avec la pluie, c’est la motte de boue qui vient avec." Impossible de faire fonctionner la machine ni, naturellement, pour l’agriculteur de commencer à les arracher à la main. Dix hectares de terres cultivés à raison de 50 tonnes de carottes l’hectare, ça fait beaucoup…

Rien qu’à l’idée que l’agriculteur-locataire allait bientôt labourer son champ et tout retourner, François Chabot en était malade. Il a alors contacté le bourgmestre faimois Étienne Cartuyvels. Lui proposant, avec l’accord de son locataire, de donner les carottes. De fil en aiguille, le GAL JesuisHesbignon.be a été contacté et a directement embrayé. 500 tonnes de carottes, cela ne se jette pas. Autant permettre aux gens de se servir. Mais cette récolte à la main, autant l’organiser au mieux.

Un glanage solidaire avant tout

Samedi, le GAL Jesuishesbignon.be propose ainsi sur ce champ de la rue de Termogne, entre Omal et Celles, une opération de glanage solidaire. "On a déjà organisé deux opérations de glanage par le passé, de pommes de terre et de choux de Bruxelles, explique Paul-Émile De Wulf, chargé de mission agriculture au sein du GAL. On a donc déjà une base de données de personnes susceptibles d’être intéressées." Mais aussi, le GAL va battre le rappel, via Facebook notamment, afin d’attirer le plus de personnes possible de Faimes et des communes des alentours. Car clairement, des carottes, il y en aura pour toutes les brouettes, pour toutes les remorques…

Le GAL veut surtout que ce soit un glanage solidaire. L’idée? Elle est simple: "On invite les citoyens à venir glaner les carottes et de donner une partie de leur récolte à des associations caritatives. On est en train de contacter les associations pour mettre cela en place." Dix hectares de terres, c’est effectivement "immense", il y a donc de quoi satisfaire les garde-manger privés mais aussi ceux de ces associations qui pourront, à leur tour, en faire profiter des familles en difficultés. Seule difficulté: la récolte se fera à la main… et "ici, rien n’a encore été récolté". Lors d’une action de glanage classique, les glaneurs débarquent après que l’agriculteur ait récolté ses légumes et ils prennent les restes.

Samedi, l’agriculteur sera peut-être présent. Car l’objectif d’une telle opération de glanage est aussi de mettre en contact agriculteur et glaneur. Le glanage permet de limiter le gaspillage alimentaire, de fournir des aliments de qualité aux personnes, mais aussi de reconnecter les citoyens avec les agriculteurs. "Et ce samedi, l’agriculteur a dit qu’il ferait tout pour être là."

Rendez-vous samedi

Le GAL Jesuishesbignon.be donne rendez-vous aux glaneurs samedi, de 13h à 16h en bord du champ, entre Omal et Celles, rue de Termogne. Le terrain est très boueux. Donc, mieux vaut s’équiper de bottes, gants, vêtements imperméables, bêche et contenants comme la récolte se fait à la main.

Un webinaire en février

Le GAL organise un webinaire, le 8 février prochain, pour les communes mais aussi les organismes qui voudraient mettre en place des glanages solidaires. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à prendre contact avec le GAL via son site internet: www.jesuishesbignon.be