La nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre au sein des 690 travailleurs encore sous contrat avec Liberty Steel : l’entreprise est au bord du gouffre et la direction n’a, semble-t-il plus l’intention de lui tenir la main pour ne pas qu’elle tombe !

Ce jeudi lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, la direction de Liberty Steel a en effet appris aux représentants du personnel qu’elle avait des liquidités pour payer les salaires de décembre mais plus pour honorer ceux de janvier ! En cause le revirement du top management du groupe industriel mondial qui ne veut plus que la filiale roumaine du groupe prêtre de l’argent à la filiale liégeoise !

Pour bien comprendre, un retour en arrière s’impose. Le 11 mai dernier, Liberty Steel a demandé et obtenu d’être placée sous procédure de réorganisation judiciaire (PRJ). Ce “statut” lui a été accordé par le tribunal de l’entreprise de Liège pour mettre le sidérurgiste à l’abri de ses créanciers.

À l’époque, on parlait d’une soixantaine de millions de dettes… Ce statut avait pour but de donner du temps à la direction pour lui permettre de mettre sur pied un plan de sauvetage des sites liégeois et luxembourgeois qui lui sont associés.

10 millions

Ce plan qui a valu à Liberty Steel se sortir de la PRJ sans trop de difficultés, prévoyait que les Roumains de Liberty Galati, la plus grande aciérie intégrée de Roumanie, deviennent le principal fournisseur de bobines laminées à chaud (HRC) des entreprises en aval de Liberty, garantissant ainsi un approvisionnement sûr et durable de leur matière première.

Il prévoyait aussi que Liberty Galati prête 10 millions à l’unité liégeoise. Il était enfin question d’une restructuration prévoyant 153 départs, un chiffre revu à 90, après des négociations avec les syndicats.

Avec le “revirement” roumain, tout semble s’effondrer à tel point que les indemnités à verser dans le cadre du plan social de la restructuration, ne sont plus assurées. En outre, il semble également que les Roumains ne fourniraient même plus la matière première…

La plupart des ouvriers et employés étant en chômage économique, des arrêts de travail seront… limités. Pas la colère des travailleurs !

En fin d’après-midi, les membres de la direction qui se trouvaient au centre acier de Flémalle étaient d’ailleurs “invités” par les travailleurs présents à rester bien au chaud à l’intérieur des locaux...