Commémorations Ce dimanche, l’Action fouronnaise s’est souvenue de ce terrible moment.

L’Action fouronnaise a commémoré dimanche les 40 ans du 9 mars 1980, date symbolique de cette commune au cours de laquelle les militants flamingants et francophones se sont violemment affrontés. Depuis 1977, des "promenades dominicales" avaient lieu dans les Fourons, passés de la province de Liège à celle du Limbourg quand a été fixée la frontière linguistique. Les "promeneurs" étaient des militants flamingants, issus en bonne partie de groupes d’extrême droite, qui voulaient affirmer l’appartenance de la commune à la Flandre alors que les habitants francophones réclamaient le retour à Liège.

Le 9 mars, une de ces marches a failli tourner au drame quand un habitant a voulu éloigner les manifestants de sa maison en sortant sa carabine et en tirant vers eux.

"Ce jour correspond au paroxysme de l’affrontement entre les mouvements extrémistes flamingants et la résistance francophone. La commune a été rattachée en 1963 à la province du Limbourg, mais la flamandisation des Fourons n’allait pas assez rapidement pour certaines personnes. C’est pour cela que des milliers de ‘promeneurs’ extrémistes flamands, aidés par les gendarmes, ont décidé de s’en prendre physiquement aux francophones et à leurs biens. Il y a eu une escalade de la violence avec énormément de blessés", a expliqué Grégory Happart, membre de l’Action fouronnaise, âgé de 6 ans à l’époque.

Un contexte de violence proche de la "guerre civile", selon lui : "Les casseurs se sont tout d’abord rendus dans le village de Rémersdael pour tout saccager, avant de se diriger vers une maison affichant un drapeau fouronnais. Le propriétaire des lieux a pris peur et a tiré plusieurs coups de feu. Nous avons frôlé la catastrophe."

Le propriétaire sera arrêté mais acquitté lors de son procès. Dimanche, une projection audiovisuelle et une exposition de photos et coupures de presse ont mis en avant le souvenir de ce jour.

"Nous faisions tout pour ne pas être repérés par les membres de la mouvance d’extrême droite. Nous réalisions une émission de 20 minutes chaque vendredi dès le mois d’avril 1979. Lors de cette journée particulière, les assaillants voulaient s’en prendre physiquement aux francophones, par l’intermédiaire de citoyens connaissant nos adresses", s’est souvenu Nico Droeven, à la tête d’une radio pirate à l’époque et bourgmestre des Fourons de 1988 à 1994.

"Actuellement, la vie dans les Fourons est paisible. Néanmoins, une pression politico-administrative tente, chaque jour, de détricoter un peu plus les facilités et le droit de s’exprimer en français", a conclu Grégory Happart.