Une animation inhabituelle a pris possession de la place Xavier Neujean à Liège, ce dimanche 26 décembre en matinée. Face au cinéma Sauvenière, du groupe des Grignoux en effet, le cœur de la fronde culturelle liégeoise s’est donné rendez-vous, comme annoncé, pour dénoncer les nouvelles mesures annoncées lors du dernier Codeco et visant principalement le secteur culturel. À Liège et ailleurs, de nombreuses institutions ont déjà fait savoir qu’elles comptaient rester ouvertes dès ce dimanche… de nombreuses autorités locales leur ont d’ailleurs apporter un soutien symbolique. Ce dimanche, plus de 900 personnes se sont déplacées pour exprimer leur colère…

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“Je suis ici ce matin et je serai à Bruxelles cet après-midi”, nous confiait Serge Rangoni, directeur du Théâtre de Liège, “car il est important d’exprimer aujourd’hui notre sidération face à cette décision injustifiée. Nous étions déjà soumis à des règles strictes, avec une jauge. Aujourd’hui, il est utile de désobéir oui, c’est la raison pour laquelle nos spectacles pour enfants prévus la semaine prochaine sont maintenus”.

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Dans la foule, le son de cloche était le même. C’est l’incohérence des mesures qui fait bondir le secteur. “Une nouvelle fois, on ne comprend pas la logique, donc il est important d’envoyer un signal, c’est la raison pour laquelle je suis là”, explique Julien, “quand les règles sont absurdes, il faut le dire et se mobiliser sans pour autant nier le virus. Lors du dernier Codeco, je rappelle qu’on n’a même pas évoqué les soins de santé”.

“Je pense que la gestion a ici dépassé un cap d’un point de vue démocratique”, poursuit cette Liégeoise active pour le secteur culturel. “J’ai le sentiment qu’on a pris un secteur en exemple sans réfléchir à une gestion qui est certes compliquée, mais qui doit rester rationnelle. Alors oui, désobéir est important, pour dire que nous ne sommes pas du tout d’accord”.

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Dans la foule, un certain Bouli Lanners était, lui aussi, remonté. “Je ne nie en aucun cas la crise, j’ai perdu deux amis et j’ai travaillé dans un hôpital… mais je pense qu’il faut insister sur le fait que la crise est autant sanitaire qu’hospitalière. Quant à cette décision, on assiste comme à chaque fois à un jeu politicien, sans vision sociétale et ça, on ne peut pas l’accepter, c’est stupide et il faut le dire. Et c’est d’autant plus grave que le schisme était déjà important au sein de la société, ici, il ne fait que grandir. La désobéissance civile c’est quelque chose de sain pour la démocratie, il faut oser refuser les lois qui n’ont pas de sens”.

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