Les témoins de moralité de la victime, Galaad Titeux, ont dressé mercredi matin devant la cour d'assises de Liège, au procès de H.D., le portrait d'un garçon qui aimait la vie et qui avait de l'ambition. Il a été décrit comme un garçon gentil et généreux qui entretenait une relation fusionnelle avec sa mère. Galaad Titeux, un Liégeois âgé de 18 ans, avait été poussé du toit d'un immeuble de 27 mètres de haut. Les faits s'étaient déroulés la nuit du 5 juillet 2017 sur le site désaffecté de l'ancienne dentisterie de l'hôpital de Bavière à Liège. H.D., l'accusé, était âgé de 16 ans au moment des faits.

Les témoins de moralité ont dressé devant le jury le portrait de Galaad Titeux. Son oncle, un militaire de carrière qui était aussi son parrain, a exposé qu'il était fils unique. Il n'a jamais connu son père. Sa mère, dont il portait le nom, l'a élevé seule. Selon son oncle, Galaad Titeux était un enfant normal, d'une grande curiosité, avec de l'imagination. Il était joyeux, curieux de tout et exubérant.

Galaad Titeux était pétillant. Il s'intéressait à tout, posait beaucoup de questions et imaginait des histoires. "On se demandait parfois où était le bouton off", a indiqué son oncle. Le témoin a aussi évoqué sa passion pour les véhicules militaires ou pour la piraterie durant sa jeunesse. A l'école, il affichait de l'assiduité et de bonnes notes. Il s'était pris de passion pour le chauffage et la climatisation. Il suivait des formations et avait travaillé pour deux sociétés.

Galaad Titeux était ponctuel et pointilleux, avide d'apprendre, curieux, compétant et intéressé par la technologie. Il avait un but précis et faisait le maximum pour atteindre son objectif. Il était aussi altruiste et serviable. Son accompagnatrice dans le cadre de sa formation a confirmé qu'il était ponctuel et assidu.

"Il aimait la vie, il la croquait et il était radieux. Il voyait son futur avec sérénité. Il avait sa trajectoire et son objectif de vie. Rien ne laissait penser qu'il avait une vie parallèle. Nous avons été sidérés d'apprendre ses agissements délictueux. Galaad n'avait aussi aucune mélancolie ou tendance suicidaire", a insisté son oncle.

Galaad Titeux entretenait une relation fusionnelle avec sa mère. Celle-ci, sidérée par son décès, a essayé de surmonter son chagrin pendant deux ans. Elle a mis fin à ses jours. "Depuis la mort de Galaad, elle était une morte-vivante", a indiqué son frère.

La tante de Galaad Titeux a confirmé toutes les qualités énoncées par les autres témoins. Elle a ajouté que son projet professionnel était d'ouvrir un commerce. La famille n'avait que de bons échos des employeurs de Galaad Titeux.

La famille a aussi manifesté son étonnement face aux informations publiées dans les médias immédiatement après le décès de Galaad Titeux. "Nous sommes tombés de haut! Pour nous, il n'était pas un dealer toxicomane. C'était un gars bien, qui ne sortait pas dans la rue", a ajouté sa tante.

Un entrepreneur qui avait engagé Galaad Titeux a souligné sa personnalité sympathique. "Il était un petit gars bien sympa, toujours ponctuel et de bonne humeur. Il était apprécié des autres employés. C'était vraiment quelqu'un de chouette. Le profil du gendre idéal", a précisé le témoin.

Au stade des commentaires, l'avocat général a précisé que, lors de la découverte du corps, Galaad Titeux ne portait pas ses documents d'identité. Il avait été découvert dans un endroit essentiellement fréquenté par des SDF. C'est pour cette raison que les premiers intervenants sur place et la presse ont pu croire qu'il était SDF.

Les premiers témoins de moralité de l'accusé seront entendus jeudi après-midi.