Le premier congrès de la chaire internationale Mukwege se tient depuis ce mercredi l’Université.

"Bâtir un futur pour les femmes et les enfants victimes de violence sexuelle dans les conflits" : tel est le thème du premier congrès de la chaire internationale Mukwege, du nom du médecin congolais et Prix Nobel de la Paix 2018, laquelle a débuté ce mercredi à Liège.

Comme rappelé par Véronique De Keyser, professeure émérite de l’ULiège et présidente du comité scientifique de la chaire, l’origine de cette dernière remonte à plusieurs années. Et ce plus exactement lors d’une visite effectuée en 2015 à l’hôpital de Panzi dans la région du Sud Kivu de la République démocratique du Congo. Soit là même où œuvrait le docteur Denis Mukwege.

Face aux situations pour le moins difficiles vécues sur ce terrain de guerre, une association a été créée durant la même année à Liège. Dénommée "Les enfants de Panzi et d’ailleurs", elle a cheminé depuis lors et a trouvé son aboutissement par le lancement de la chaire. Lequel remonte à l’an dernier et a pour objectif de fédérer un ensemble de connaissances en la matière.

C’est ce qu’a expliqué en prélude au congrès Adélaïde Blavier, professeure à l’ULiège et présidente du comité d’organisation. Cette dernière a également insisté comme Denis Mukwege sur la volonté de prendre en charge de manière holistique les femmes et les enfants victimes de violence sexuelle dans les conflits et au-delà.

Le viol comme arme de guerre

"Le viol est utilisé comme arme de guerre et cela a des conséquences dramatiques", a souligné le médecin congolais, disant la nécessité d’une prise en charge médicale, psychologique et socio-économique mais aussi juridique et politique. "Il n’existe pas à l’heure actuelle de protocole scientifique validé en la matière", a-t-il en outre épinglé, or "il faut garantir aux victimes un retour dans la société".

De son côté, Françoise Tulkens, professeure émérite de l’UCL, a évoqué lors de la conférence inaugurale à laquelle a assisté la Reine Mathilde les instruments juridiques existants. Ces aspects et bien d’autres seront discutés durant jusqu’à vendredi à Liège tandis que l’ASBL Les enfants de Panzi et d’ailleurs a initié une campagne de dons "Jambo 3" qui va durer un mois et qui vise à faire de cet hôpital de 450 lits un centre d’excellence.